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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 07:00
Carner, Ramon Monegal : un parfum de Barcelone
Carner, Ramon Monegal : un parfum de BarceloneCarner, Ramon Monegal : un parfum de Barcelone

Eh bien nous y sommes, le blog connaîtra très prochainement son nouveau style et nous voilà avec une fin d'année qui ressemble curieusement à ce que nous avons vécu il y a 6 mois, le confinement (qui nous met plus que jamais face à nous mêmes) et toutes ces incertitudes sur l'avenir. Mais il faut rester patients, nous apprécierons plus intensément encore ce qui nous aura tant manqué quand le moment sera venu.

Cette fois-ci, point de silence de mon côté, j'avance petit à petit sur ma route et cela se matérialise donc par la concrétisation progressive des divers projets que j'avais pour le blog depuis des mois voire des années.

Parmi cela, il y avait cet article que j'avais au clair dans ma tête depuis mon voyage à Barcelone il y a 3 ans mais que je n'avais pas encore commencé à mettre à l'écrit : il s'agissait de vous parler de deux maisons de parfums alternatifs made in Barcelona qui m'ont particulièrement touchée.

En fin d'année dernière, j'étais passée en coup de vent chez Jovoy Paris (rue de Castiglione dans le 1er arrondissement pour ceux qui n'auraient jamais eu le bonheur de rentrer dans cette véritable caverne d'Ali Baba des parfums rares) et j'avais passé de belles minutes à sentir et ressentir différents parfums, parmi lesquels ceux que je souhaite vous présenter.

Cela fait donc plusieurs mois que j'avais promis de concrétiser cet article (n'est-ce pas Kathleen alias Scentifolia ;) ) et ce soir, l'inspiration est encore plus prégnante car les parfumeries de quartier, qui font notre bonheur et communiquent leur passion pour le beau parfum, sont fortement menacées depuis quelques mois. Certaines ont déjà mis la clef sous la porte hélas, et c'est très malheureux. En écrivant cet article, j'essaie d'apporter ma mince contribution à l'édifice.

La première maison que j'aimerais évoquer est celle que je connais le mieux et elle se nomme Carner Barcelona. Nous en entendons de plus en plus parler, elle semble bien s'installer sur le marché (pourtant bien encombré maintenant) de la parfumerie alternative et je pense qu'elle a encore beaucoup de potentiel. D'après mes souvenirs, je l'ai véritablement découverte à Barcelone et je crois que c'était non pas à leur flagship de Barcelone mais au sein de la jolie perfumería Regia située Passeig de Gràcia. Celle ci fait la part belle à la parfumerie d'auteur et même si je n'avais pas pu prendre le temps de tout sentir, j'avais été interpellée par l'élégance et la richesse des compositions de cette marque que je ne connaissais pas vraiment jusqu'alors. 

Pour rapidement vous présenter la Maison, elle est relativement récente puisqu'elle a été fondée par Sara Carner en 2010 (mais pour une marque de niche, c'est déjà une belle performance). Sara Carner est issue d'une famille d'artisans qui travaillaient le cuir et c'est un peu comme cela qu'elle envisage sa marque : le meilleur de l'artisanat, le sens du détail et du travail bien fait, mêlé à la volonté de retranscrire toute la modernité de la cité catalane. A titre très personnel, c'est vraiment ce qui m'a frappée en découvrant leurs premiers jus : une qualité perçue indéniable et une vraie personnalité, à la fois nostalgique et bien dans son époque. 

Pour en revenir à ma découverte de ces parfums, en revenant de Barcelone je peinais à me souvenir des noms mais je m'étais dit qu'il ne devait pas y avoir tant de marques créées dans la ville. Finalement un jour, en flânant comme très souvent sur le blog Auparfum, Carner apparut sous mes yeux ébahis : c'était bien elle. Plusieurs parfums m'avaient intriguée dont Cuirs qui m'avait beaucoup plu, je m'en souvenais à présent, ainsi qu'un ou deux autres dont le nom m'échappait toujours. Puis une critique était consacrée à l'une de leurs créations dans NEZ, le magazine. Il me semble que c'est tout début 2018 que j'ai finalement senti à nouveau les fragrances phares sur Paris, commandé quelques échantillons pour finalement craquer pour plusieurs parfums coup sur coup.

Le premier fut Cuirs, bien entendu. Tout d'abord parce que j'étais dans ma période où j'essayais d'étoffer le nombre de parfums aux notes cuirées dans ma collection (parfums que j'avais toujours affectionnés mais que je n'osais pas acquérir jusqu'à mes trente ans !) et également parce que c'était celui dont j'avais vraiment gardé un joli souvenir lors de mon escapade barcelonaise. Pour les perfumistas qui apprécient les notes cuirées, c'est une fragrance inspirée (et très ancrée dans l'historique personnel de la créatrice), créée par Sonia Constant (qui a notamment travaillé pour Narciso Rodriguez et Tom Ford mais aussi co-fondé la maison Ella K). La structure cuirée est très élégante, avec une facette tabac en pierre angulaire autour de laquelle vont s'articuler diverses notes boisées (je note particulièrement un coté santal crémeux et le cèdre qui renforce la structure cuir ainsi qu'un côté patchouli qui n'est pas sans me rappeler le beau Coromandel de Chanel sous certains aspects). Son fond musqué et une once de fève tonka lui enlèvent toute rudesse, sans pour autant lui faire perdre en caractère. Selon moi, un très joli cuir en résumé.

Puis, j'ai succombé à D600 et à Sweet William.

Le premier est une fragrance fondamentalement épicée (poivre, cardamome), qui ne manque donc pas de style mais qui retranscrit bien la particularité de Barcelone : une âme moderne qui encapsule pourtant toute la convivialité et l'art de vivre des pays méditerranéens. Dans mon article sur mon premier voyage au sein de cette ville merveilleuse, c'est que j'avais déjà souligné, cette agitation et ce côté contemporain, contrebalancés par une réelle chaleur qui nous accueille dès les premiers instants passés en son coeur. D600 retranscrit cela par une originalité assez saisissante, une fraîcheur méditerranéenne par les agrumes (je croirais y deviner le sourire d'El Quim de la Boqueria), une élégance conférée par les notes florales irisées et de fleurs blanches, mais aussi par la facette boisée cédrée - vétiver, le tout arrondi par un fond légèrement vanillé qui vient simplement apporter ce réconfort, ce côté avenant que nous avions très vite noté dans la ville. Pour la petite histoire, D600 correspond à une référence à l'avenue Diagonale (Avinguda Diagonal en catalan) qui, comme son nom l'indique, traverse une bonne partie de la ville en diagonale. Longue de plus de 10km, elle part de la mer (Diagonal Mar) pour aller jusqu'à la limite Ouest de la ville en passant principalement par deux quartiers : l'Eixample et Poblenou. Elle s'imprègne donc de plusieurs ambiances et à mon sens, le parfum exprime parfaitement ce mélange de sensations.

Sweet William est l'un de mes autres coups de coeur immédiats et sur celui ci, la facette un rien vintage qu'il arbore m'a immédiatement séduite. Cette fragrance est une véritable ode à une variété d'oeillet toute mignonne que l'on a surnommée ainsi en anglais (l'histoire raconte que les jeunes hommes célibataires qui étaient à la recherche de l'amour accrochaient des oeillets rouges à leur boutonnière sur leurs portraits) et qui attire irrésistiblement oiseaux, abeilles et papillons (tiens donc ! ;) ). Sweet William est indéniablement dans une thématique plus romantique (à l'instar des autres parfums floraux de Carner), mais pas niaise pour autant. J'aime inlassablement ses facettes épicées très présentes en ouverture qui incarnent pour moi un aspect fougueux tempéré ensuite par des notes d'ylang, de rose et d'iris sur un fond vanillé et ambré cosmétique à souhait. Douceur et passion, n'est ce pas là le parfait équilibre de la rencontre amoureuse ?

Enfin, j'ai aussi eu un coup de coeur pour Tardes (que je n'ai pas encore acquis en format vente cependant). Il a été pensé comme l'évocation de la douceur d'une soirée d'été et j'aime son poudré réconfortant qui n'est pas sans m'évoquer l'Infusion d'Amande de Prada (pas étonnant quand on sait que c'est Daniela Andrier qui est derrière ces deux merveilles) mais également l'univers d'Olivia Giacobetti (en particulier Drôle de Rose, Jour de fête et L'Eté en douce). Si vous me connaissez depuis quelque temps et me lisez sur les réseaux sociaux par exemple, vous savez à quel point j'admire ces deux créatrices et la poésie qu'elles arrivent à instiller dans leurs oeuvres qui sont à la fois accessibles et signées. Dans Tardes, on retrouve beaucoup de tendresse, les notes de rose, d'amande, d'héliotropine, de musc et de coumarine s'acoquinent avec un fond boisé pour un effet enveloppant qui, en ce sens, peut effectivement évoquer l'idée d'un soir d'été, la caresse du soleil au couchant et son vent chaleureux qui transporte en son sillage l'ensemble des essences botaniques qu'il a rencontrées sur son passage. C'est un parfum d'une grande poésie qui m'évoque aussi une odeur de peau, celle de l'être aimé et l'effet d'un gros câlin, une étreinte dans laquelle on pourrait se lover des heures durant. Rien que de parler de cette beauté, j'ai maintenant envie de m'en parer jusqu'à l'éternité ou presque ! :-)

Dans le même style poudré et réconfortant, il y a le bien nommé Besos créé par Shyamala Maisondieu, qui comme son nom l'indique raconte des étreintes et des baisers enivrants. Sa structure autour d'un coeur iris aldéhydé-fleur blanche aux inflexions poivrées et son fond doudou musqué et vanillé sont d'une belle harmonie, entre romantisme et abandon. Un autre très joli parfum dans la "Love collection" de Carner.

Pour terminer, il y a beaucoup de jus que je ne connais pas encore (les nouveaux principalement) mais également 4 parfums que j'avais surtout connus par des échantillons :

- El Born : hommage au quartier barcelonais du même nom (proche du vieux port pour les initiés), il a l'avantage d'avoir une personnalité bien affirmée. Comme ce quartier de la vieille ville qui mêle héritage du passé et dernières tendances en matière d'art et d'art de vivre, El Born de Carner Barcelona est un parfum multi facettes. Il s'ouvre sur un accord qui évoque le nez des spiritueux haut de gamme, tout en nuances. Les baumes et résines évoquent un vieux rhum ou un whisky aux arômes de fruit, de miel, de vanille et de réglisse (ce dernier effet semble conféré par l'angélique) et contrastent avec une facette florale poudrée assez surprenante, qui apporte une certaine sophistication à l'ensemble. Je n'ai pas eu un coup de coeur absolu et je regrette une sensation de bois ambrés en fond, cependant cela reste une belle fragrance que j'aime porter de temps en temps.

- le trio d'orientaux traditionnels Ambar del Sur, Palo Santo et Megalium fait partie des jus que j'ai découverts le plus récemment car j'étais dans une période où je cherchais de jolis ambrés pour l'hiver. Je n'ai pas véritablement converti l'essai mais ils sont tout de même jolis comme presque tout ce que propose la maison catalane. Ambar del Sur est un ambré boisé davantage articulé autour d'un patchouli qui confère un côté légèrement terreux et cacaoté et d'une facette résineuse voire encensée (labdanum et myrrhe). Palo Santo célèbre ce bois sacré comme son nom l'indique et suite à une ouverture très évocatrice encore une fois d'un rhum vieux, il met en exergue des facettes plus crémeuses en contraste de l'aspect boisé fumé - encens et légèrement aromatique soutenu par le vétiver. A y repenser, je me demande si ce n'est pas le plus signé des 3. Enfin, Megalium est plus axé sur les facettes épicées avec une forte dominante cannelle. Puis il évolue sur des facettes encens que j'aime particulièrement. Les trois sont à la fois intenses et délicats.

Il me reste de nombreuses oeuvres Carner à découvrir mais jusqu'ici, tout ce que j'ai senti m'a intriguée et emmenée vers un territoire qui est propre à la maison et rien que pour cela, cela vaut la peine de découvrir leurs jus.

 

Quelques années plus tard, j'ai découvert un peu par hasard la maison Ramon Monegal, tout d'abord sur les réseaux sociaux puis chez Jovoy (toujours lors de ma dernière escapade parisienne). Je l'avais également déjà aperçue sur le site de Première Avenue, boutique que j'apprécie beaucoup, mais je n'avais pu réellement m'imprégner de leurs parfums qu'à cette occasion. 

Tout d'abord il faut savoir que Ramon Monegal, le créateur, est issu d'une grande lignée de parfumeurs puisque sa famille avait fondé la maison Myrurgia, fournisseur officielle de la cour d'Espagne qui fut ensuite rachetée par Puig. Il me semble que désormais il ne reste pas grandchose hélas de cette maison, cependant en 2009, Ramon Monegal a souhaité créer sa propre marque à Barcelone après des années à faire ses gammes auprès de parfumeurs de renommée mondiale et avoir également étudié le design.

Il avait dans l'idée de créer cette maison pour pouvoir laisser s'exprimer sa créativité artistique de manière plus libre, sans toujours se rattacher à des contraintes de coût ou de potentiel de commercialisation. Désormais, la maison Ramon Monegal reste encore confidentielle mais elle est tout de même assez répandue dans les parfumeries spécialisées dans les parfums rares ou alternatifs. 

Si j'ai beaucoup apprécié leurs créations autour du cuir (Mon cuir et Cuirelle de mémoire), celui qui m'a le plus émue était Umbra. Même si on peut le qualifier de parfum aromatique / fougère, je lui ai trouvé une véritable signature. Très nuancé, tour à tour boisé, résineux, terreux et épicé, il est construit sur un accord autour du fir balsam (note que j'aime particulièrement travailler), du géranium et de la mousse de chêne tout en reposant sur un fond confortable et coumariné. Il donne l'impression de se promener en forêt à la mi saison, avec ses odeurs d'arbres, de mousses et d'humus encapsulés dans la rosée, qui se révèlent aux premiers rayons du soleil. Je ne saurais dire pourquoi mais il m'a rappelé des souvenirs, d'enfance certainement, comme un air de déjà vu, une réminiscence de jolis moments vécus. Je m'imagine très bien le porter, même s'il siérait également très bien à un bel homme élégant, mystérieux et discret.

Je ne connais hélas pas bien les autres fragrances de la Maison Ramon Monegal pour l'instant mais ce que j'ai senti m'a donné envie d'en savoir davantage. Peut être lors d'un prochain voyage à Barcelone quand voyager sera de nouveau plus simple ? On ne sait jamais ! ;)

 

Je suis certaine qu'il doit exister d'autres jolies maisons de parfum barcelonaises ou plus largement ibériques mais ces deux là prouvent que la parfumerie alternative espagnole est relativement méconnue mais capable de proposer de jolies oeuvres. J'espère que si vous en avez l'occasion, vous irez à leur rencontre. Qui sait, peut être que votre prochain coup de coeur olfactif sera pour l'une de leurs créations ?

Et si vous les connaissez déjà, n'hésitez pas à partager vos ressentis, ici ou comme habituellement sur les réseaux sociaux.

Je vous laisse maintenant, je vais voyager olfactivement dans la capitale catalane, parce qu'au travers de l'art et dans nos rêves, l'évasion n'est soumise à aucune restriction ! :)

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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 21:30
L'envol du papillon ! By Papillon des Senteurs

L'envol du papillon ! By Papillon des Senteurs

Bonjour à toutes et à tous, j'espère que vous passez un bel été même s'il est assez inhabituel.

Je vous présente ce soir la photo ci dessus prise il y a quelques semaines durant le confinement, juste avant que ma lavande papillon ne fâne à jamais. Les abeilles et papillons s'en sont délectés jusqu'au bout, preuve que même dans la fin, il peut y avoir du bon. 

Ces derniers jours (dans la nuit du 19 au 20 Juillet plus précisément), mon blog a fêté ses 10 ans et même si je ne souhaite aucunement l'arrêter, cela sonne comme l'heure du bilan.

10 années très inégales qui ont suivi le cours de ma vie, ses joies comme ses peines, ses surprises comme ses déceptions.

Durant les 5 premières années, je postais surtout sur le parfum et il me faut l'admettre, je postais beaucoup trop et parfois assez mal au final. On m'avait tellement rabâché qu'il fallait de la régularité et de la fréquence pour garder son lectorat que je postais à tort et à travers, souvent portée par mon enthousiasme ou mes coups de gueule, mais parfois plus par devoir. La seule période de pause accordée avait fait suite au décès de l'un de mes proches, car je souffrais trop et je ne (re-)sentais plus rien, plus l'envie, plus l'émotion, j'étais perdue. Puis après cette période difficile, j'ai petit à petit refait surface.

J'ai aussi pris à coeur le fait de ne pas revenir en arrière, de ne pas effacer les articles que je considère désormais comme "passables" ou "mauvais", car ce sont dans les échecs que l'on apprend le plus et j'assume tout de mon évolution. 

Les 5 dernières années m'ont vue passer de jeune femme à femme mais elles ont par ailleurs été marquées par la gestion de mes comptes sociaux de manière plus poussée. A la base, c'était clairement un test (notamment sur Twitter), puis très rapidement, j'ai compris ce qu'ils pouvaient m'apporter et apporter à mon blog et ce fut le début d'une nouvelle ère. J'ai fait le choix de ne pas créer de page sur Facebook mais de les gérer comme des comptes à part entière, car j'ai vite compris que plus qu'une vitrine, ils me permettaient de créer du lien. Au fil des années, ma communauté s'est agrandie doucement mais sûrement et je ne pense pas me tromper en disant que la plupart de mes followers ou amis Facebook sont de vrais soutiens, des inspirations quotidiennes et de belles personnes. Certains sont aussi devenus des amis (ils se reconnaîtront je l'espère).

Je ne peux pas parler de ces 5 dernières années sans évoquer le virage qu'a pris le blog en 2015. Depuis plusieurs mois, l'inspiration me faisait alors un peu défaut. Les nouveaux lancements parfums me paraissaient de plus en plus inintéressants et je séchais totalement sur les autres articles de fond que j'avais en tête. Puis il y eut un concert qui changea ma vie d'alors. Il me donna de nouveau l'étincelle, l'envie d'écrire, et même s'il n'avait pas de lien avec le parfum, je sentais l'envie irrépressible de le poster sur le blog. Ce fut cette nuit là que soudain l'évidence m'apparut : depuis des années, je n'avais vécu que par et pour mon travail, l'erreur fatale quand on s'investit énormément dans tout, et je m'étais perdue au passage, d'où le vide que je ressentais depuis quelque temps. Ce concert m'avait réveillée.

Par ailleurs, j'avais en parallèle de ce blog, l'envie depuis quelques années d'écrire sur la musique, l'une de mes autres passions, mais je n'arrivais pas à me lancer. En fin de compte, je me rendis compte que j'avais cloisonné mes passions. Je m'étais moi même enfermée dans ma boite et ce jour là, j'avais décidé d'en sortir. 

Tout commença donc avec ce fameux article de 2015 où je décidais de mixer parfum et musique, puis l'évolution s'ensuivit partout et en particulier sur les réseaux sociaux. Cela me donna un nouveau champ des possibles, presque infini. Je suis particulièrement curieuse de nature, pourquoi avais-je voulu museler ce trait de caractère pendant tout ce temps ? En tout cas, depuis 2015, j'ai décidé de me libérer, quitte à y laisser des plumes ou à me brûler/briser les ailes (ce qui serait plus probable pour un papillon). 

Désormais, mon blog est plus proche de ma personnalité et même si je ne poste pas toujours aussi régulièrement que ce que j'aimerais, je retrouve toujours plus de bonheur à le faire. En effet, j'aborde vraiment les sujets qui me font vibrer et cela, ça n'a pas de prix. C'est bien simple, les articles qui ont le plus plu à ma communauté sont ceux que j'ai écrits avec mon coeur, souvent portée par une émotion forte voire par une obsession du moment.

Sur les réseaux sociaux, je me permets d'évoquer tout ce qui m'anime au jour le jour, sur des sujets qui pour moi réflètent ni plus ni moins que mon art de vivre.

En 2019, pour la première fois j'ai fait imprimer quelques cartes de visite pour le blog (j'en suis assez fière d'ailleurs), car je ressentais le besoin de redonner au blog de Papillon des Senteurs la place qu'il mérite et son identité singulière. Je les avais reçues le jour d'un événement ô combien important pour moi, et même si je n'ai pas donné celles que j'avais prévu de donner ce soir là, pour moi elles l'incarnent particulièrement. Je garde ces cartes au chaud pour le jour où je pourrai les donner aux personnes concernées. Un vrai symbole ! 

Pour les années à venir, j'ai plein d'idées d'évolutions, de créations, de nouvelles perspectives et pourquoi pas, de jolis partenariats avec des personnes que j'apprécie. Le blog va aussi faire peau neuve, cela fait au moins 3 ans que j'en parle mais cet anniversaire va déclencher les choses dans les semaines à venir. 

J'ai également un double article en attente depuis le dernier anniversaire et je pense qu'il trouvera naturellement sa place dans la nouvelle version du blog quand le moment viendra.

Je souhaite de tout coeur que durant les 10 prochaines années, vous soyez toujours à mes côtés pour échanger sur ces sujets qui nous relient.

Ce blog a vocation à refléter plus que jamais mes émotions et la femme que je suis aujourd'hui, celle que je serais durant les 10 années qui s'ouvrent devant nous.

Je ne vous promets pas une révolution, juste le cycle de la vie. Qui m'aime me suive ! 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:54
Soudain, l'inspiration revient ...

Mes ami.e.s, je suis ravie d'être de retour parmi vous et j'espère que vous allez bien ainsi que celles et ceux qui vous sont chers.

Tout d'abord, je vous prie de m'excuser pour mon silence. Je vous avais promis deux articles, mais hélas cela ne semble pas être pour tout de suite : le premier est toujours en attente de validation (mais je ne perds pas espoir car je sais que cette personne est une personne de parole) et le second n'est pas encore écrit, je procrastine car entre temps, il s'est passé beaucoup de choses.

Pour tout vous avouer, en fin d'année dernière j'ai connu des soucis de santé liés aux difficultés personnelles et professionnelles que j'avais rencontrées durant un an et demi. A force de trop accumuler et de tout garder au fond de soi, ses frustrations, ses colères, ses dénis, à force de faire la forte, de se refuser de craquer, de garder sa peine parce que l'on n'aime pas se plaindre, on sur-sollicite son organisme qui finit pour abandonner ou tirer la sonnette d'alarme à sa manière. C'est grâce à mon ostéopathe, une personne formidable, ainsi que mes amies proches et une personne entrée dans ma vie il y a tout juste un an mais avec qui j'ai eu des conversations très personnelles et authentiques, que j'ai pu mettre des mots sur mes maux. J'ai commencé à fermer ce cycle que je ne souhaite à personne et à regagner une énergie folle, qui m'a redonné envie de créer.

Puis, j'ai été très prise professionnellement, très surmenée aussi, et soudain, le confinement qui est apparu à la fois comme une bénédiction car j'avais besoin de me recentrer, tout comme la nature avait besoin de répit, et une punition car il m'écartait temporairement des lieux qui m'inspirent (la montagne, la mer, la garrigue, mes salles de spectacle et festivals préférés) et des personnes que j'aime (ma famille, mes amis et ces soleils qui illuminent ma vie même si nous nous voyons peu, des "âmes sœurs" au sens non galvaudé du terme).

Je reviendrai plus tard sur ce qu'il s'est passé pour moi durant cette période, mais ce dont je voulais vous parler ce soir est tout autre, même s'il en est l'un des fruits. Cela paraît assez fou mais pendant ces deux mois, je n'ai presque pas écrit, à part quelques lettres que je n'enverrai jamais mais qui m'ont permis d'exprimer l'indicible, ces frustrations quotidiennes qui peuvent devenir des poisons. Pour être plus précise, je suis quelqu'un de très franc et authentique mais parfois on sait que ce n'est pas le moment pour jeter le pavé dans la mare, alors plutôt que de le garder, j'ai essayé la technique des lettres. Cela ne fait pas de miracles mais cela permet de soulager son plexus solaire ;).

Cependant, je n'ai pas réussi à écrire à proprement parler, ni ce début de récit qui m'est venu à l'idée en début d'année et me motivait tellement, ni des articles de blog, je demeurais dans une sorte de silence, certainement nécessaire, et ce que j'écrivais ne me satisfaisait pas de toute manière.

En revanche, j'ai accumulé des idées créatives / créatrices très stimulantes, que ce soit en écriture ou dans d'autres domaines tels que la photographie. Enfin, la plus inattendue des inspirations est revenue et elle me fait vibrer crescendo : j'ai de nouveau l'envie de formuler des parfums. J'en ai quelques uns à mon actif datant du début des années 2010, qui valent ce qu'ils valent (dont ce "Jardin en Méditerranée bis" créé bien malgré moi) mais je n'avais pas touché à mes matières depuis si longtemps que je songeais presque à m'en débarrasser. Soudain, sans crier gare, j'ai été inspirée par un moment délicieux vécu l'an dernier et j'ai ressenti le besoin de garder une trace olfactive de ce souvenir, en faire une sorte de photo instantanée olfactive. 

C'est ainsi qu'à ce jour, j'ai le squelette de ce parfum qui a été mis sur papier. Il me faut acheter quelques matières premières additionnelles et un peu de matériel pour pouvoir travailler correctement, mais je suis sûre que ce projet va bien m'occuper. Il me tarde de pouvoir sentir la première application de cette formule, le moment où la théorie sera presque vaine et la magie des matières donnera son verdict. C'est toujours un moment précieux où, le cœur au bord des lèvres, on termine le mélange et soudain, on porte à son nez sa création, le souffle coupé. J'espère parvenir à retranscrire au mieux la thématique et les émotions de cette création mais j'y crois férocement car comme le dit Alberto Morillas dans le dernier numéro de NEZ la revue, la création ne doit pas se faire dans la douleur, cela doit resté porté par le plaisir avant tout. Ce projet m'est très cher donc je pense que mon âme se transcrira naturellement dans ce jus, avant qu'un autre se l'approprie car il est fait pour être partagé. Affaire à suivre ...

 

Soudain, l'inspiration revient ...

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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 22:35
Highly sensitive sky... By Papillon des Senteurs

Highly sensitive sky... By Papillon des Senteurs

Comme discuté avec certains, j'espère de tout cœur pouvoir publier avant fin décembre l'article tant attendu pour clore 2019 par ce qui fut l'un des plus beaux moments de l'année. Mystère mystère ... Mais il va de soi qu'il me faut pour cela obtenir l'accord d'une personne de toute importance donc je croise les doigts et vous tiens bien évidemment au courant.

En attendant, je continue de poster quelques réflexions que je me suis faites ces derniers temps et j'ai également une idée d'article thématique, mais je pense en toute honnêteté que ce sera plutôt pour début d'année.

 

Je souhaitais aujourd'hui parler d'un sujet qui m'est cher car je fais partie de ces personnes qui "souffrent" d'hypersensibilité. On dit souvent cela comme s'il s'agissait d'une maladie, alors que ce n'est pas le cas, il s'agit simplement d'une sensibilité exacerbée à tous les stimuli qui nous entourent, une tendance à s'émouvoir plus facilement et à être touchée de manière beaucoup plus intense dans les bons et moins bons moments. En résumé, on perçoit et on ressent tout avec intensité.

Le Dr Elaine Aron et son mari ont été parmi les principaux contributeurs de travaux sur l'hypersensibilité et à la caractériser car il faut avouer que pour le commun des mortels, c'est une notion assez fourre-tout qui donne libre cours à des confusions.

Elle décrit avec l'acronyme anglais DOES les principales caractéristiques des individus hypersensibles :

- Depth of processing : la profondeur de traitement de l'information

- Over aroused : plus de réaction, d'excitation que la moyenne aux stimulations

- Emotional reactivity and high empathy : réactivité émotionnelle forte et haut niveau d'empathie

- Sensitivity to subtle stimuli : sensibilité aux stimuli subtils

Aussi, elle fait la distinction entre la timidité, l'introversion et l'hypersensibilité. En effet, si les hypersensibles sont en grande majorité des introvertis, certains hypersensibles se cachent derrière une extraversion poussée. Toujours d'après les données d'Elaine Aron, l'hypersensibilité toucherait environ 20% de la population (dont 30% seraient extravertis et 70% introvertis) ; 80% de la population serait donc peu ou modérément sensible. Être hypersensible est donc un trait de caractère moins courant mais assez représenté malgré tout. Il faut l'accepter, vivre cela comme un don, une force, une qualité et non un défaut qui empoisonne la vie.

Par ailleurs, si l'hypersensibilité n'est pas une maladie, elle peut entraîner de plus grandes dispositions à l'anxiété pour différentes raisons : peur du regard de l'autre et du rejet, insécurité affective et tendance accrue à percevoir les humeurs des autres. Aussi, l'hypersensibilité peut parfois être le révélateur ou être liée à un trouble psychiatrique (troubles bipolaire ou anxieux par exemple).

A noter également que si son origine reste toujours un peu obscure, les caractéristiques des hypersensibles, la manière dont ils reçoivent et traitent l'information, amènent souvent à une manière de réfléchir atypiques mais très intéressante. Il y aurait d'ailleurs une majorité d'hypersensibles dans les personnes dite Hauts Potentiels. Par ailleurs, hypersensibilité et sensibilité artistique sont souvent deux proches amies.

Pourquoi souhaitais-je vous parler hypersensibilité ce soir ? Tout simplement pour partager mon expérience, dans l'espoir qu'elle aide peut être quelqu'un qui se sent seul et perdu.

Pour vous en dire plus, depuis toute petite, j'ai toujours connu cette hypersensibilité et elle m'a très longtemps été un fardeau. Durant l'enfance et l'adolescence, je ne comprenais pas d'où me venaient ces envies subites de pleurer sans raison apparente comme cette fois où j'avais accompagné un proche à l'église, ces larmes infinies lors des enterrements comme de quelques mariages ou suite à la mort de mes animaux, ces angoisses subites qui m'étreignaient quand je sentais que les personnes à mes côtés étaient de mauvaise humeur, ces sortes de pressentiments parfois en vivant certaines situations ou en rencontrant certaines personnes pour la première fois, avec l'impression de mauvaises vibrations émanant d'eux, ou au contraire, de très bonnes ondes. Bien souvent, ces intuitions s'avéraient justifiées.

Je me souviens de nombre de situations embarrassantes où mon entourage, en famille comme à l'école, me pressait pour comprendre les raisons pour lesquelles je pleurais, et il m'était encore plus difficile parfois de mettre des mots dessus. Je me sentais bien souvent incomprise, jugée, traitée comme étant trop faible ou immature ("Ce sont les bébés qui pleurent, enfin, reprends toi !"). Certains professeurs avaient alerté ma mère sur le fait que j'étais trop émotive et que j'allais me faire "bouffer" à l'âge ingrat si je ne m'endurcissais pas (soit dit en passant, les hypersensibles ne sont pas des faibles pour autant car bien souvent pour survivre aux moqueries, ils ont tendance à se forger une sorte de carapace qui les rend plus forts ... Mais cela prouve qu'il y a encore du travail à faire pour comprendre ces êtres sensibles).

Tout ceci ne faisait que générer plus d'angoisses et me replier encore sur moi même. Heureusement, j'avais l'écriture et les arts, sans prétention aucune, comme échappatoires. J'aimais déjà beaucoup écouter et bidouiller de la musique, prendre des photos, écrire ou peindre. En parlant de la musique, cette dernière m'a toujours accompagnée et aidée à faire varier mon humeur comme un spectre chromatique, passant d'une couleur à une autre. Il n'était pas rare, et c'est toujours le cas d'ailleurs, que je pleure en entendant les premières notes d'un titre, que j'aie la chair de poule lors des concerts, voire que je tremble de tout mon être lors de l'entrée de l'artiste sur scène. Je parle de pleurer mais il peut évidemment s'agir de joie intense, toute émotion étant vécue pleinement et intensément. Au sortir des concerts, il me faut généralement une bonne journée ou même plusieurs jours pour redescendre de mon état de grâce si le summum a été atteint.  

La lecture et l'écriture étaient quant à elles des moyens pour laisser mon imagination vagabonder et m'émouvoir en toute intimité, mais noircir des carnets était également une méthode pour libérer tout ce qui me frustrait, toutes ces émotions refoulées, toutes ces insatisfactions quotidiennes.  J'en ai écrit des romans (parfois inachevés), des nouvelles, des chansons, des poèmes et même un scénario inachevé. Puis ce blog, retour aux origines ! :)

Le temps des premières amours a été également très tourmenté, avec une tendance à aimer "trop", à m'enflammer, le tout pourtant couplé à mon côté introverti et pudique. Personnalité complexe, dîtes-vous ? Je n'irais pas jusque là, je préfère dire que je suis pleine de nuances (telles les ailes d'un papillon ;) ).

J'aimais sincèrement, passionnément, je frissonnais à la vue de mes êtres désirés, mais je ne laissais pas souvent paraître ce qui était au fond de moi. Chaque déception, chaque blessure était une leçon que j'acceptais, mais qui me touchait très profondément, le temps de passer à autre chose. Je me rappellerai toujours la fois où j'avais croisé par hasard un ex petit-ami dans mon établissement scolaire de l'époque. Je n'étais pas encore totalement remise de mes émotions et quand il s'était approché pour me faire la bise, j'étais à deux doigts de m'évanouir ! Ce garçon-là avait le don pour me bouleverser de manière totalement irrationnelle (j'ai d'ailleurs déjà parlé de lui ici, les fidèles lecteurs comprendront peut-être).

C'est ainsi que des années plus tard, je compris que mon attirance pour les odeurs, les parfums et les émotions qu'ils évoquent, était fortement liée à mon hypersensibilité. Sentir me permettait comme les arts cités ci dessus, de m'évader, d'équilibrer mes émotions et d'en ressentir de merveilleuses notamment par le biais de la mémoire olfactive. L'envie d'en savoir plus a fini par se transformer en passion et c'est ainsi que mon hypersensibilité s'est mise au service de mon hypersensibilité olfactive, ou peut être est-ce l'inverse. Les couleurs, les sons, les textures et les odeurs, tout cela se mixait, ne faisait qu'un et venait magnifier l'émotion. Ainsi, respirer certains effluves dans la rue me mettaient parfois dans un état de plénitude totale ou de nostalgie, me renvoyaient quelques années en arrière à des situations vécues, des lieux marquants ou des personnes rencontrées. Pour certaines, le bouleversement était là, tellement pur, puissant et palpable, bien que difficile à exprimer. 

Petit à petit, j'ai commencé à essayer de mettre des mots sur ces émotions olfactives, même si je ne me sentais pas forcément légitime au milieu de tous ces experts du parfum que j'admirais, tout comme je faisais très peu lire les textes que j'écrivais le soir dans ma chambre ou dans les transports en commun quelques années auparavant. Sauter le pas de me mettre à nu ici, sur ce blog, a été une étape décisive dans l'acceptation de ma vraie nature d'hypersensible.

A présent, je considère mon hypersensibilité comme difficile à dompter et parfois à assumer en public, mais également comme une différence qui fait de moi ce que je suis. Finalement, je pense qu'il vaut mieux tout vivre intensément, les joies comme les peines, que d'être insensible à la beauté et dépourvu de sentiments et d'empathie. Comme me le disent souvent certains proches, j'ai la capacité à m'émouvoir d'un rien, à capter le moindre détail telle cette groseille en forme de cœur au moment de la cueillette, cet odeur de jasmin dans une ruelle, cette feuille solitaire sur une pelouse impeccable, ce sourire imperceptible sur la bouche d'une personne à la vue d'une autre ou ce ciel aux nuances incroyables qui me laisse rêveuse. Tout est inspiration, matière vivante à ressentir, à modeler et à créer.

C'est donc une chance énorme d'être hypersensible car si nous ne pouvons pas tous être artistes au sens de vivre de son art fétiche, nous avons tous la capacité à révéler et partager la beauté de ce qui nous entoure et des émotions qu'elle génère. C'est en assumant cela, en faisant d'une "faiblesse" une force que nous nous apaisons et nous œuvrons, l'air de rien, à sauvegarder une part de magie dans ce monde ... et cela vaut de l'or, n'est-ce pas ?

PS : désolée pour le copyright énorme, l'informatique me fait des misères ce soir mais je ne peux plus attendre pour publier cet article :)

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 22:27
Falling for fall, photos by Papillon des SenteursFalling for fall, photos by Papillon des Senteurs
Falling for fall, photos by Papillon des SenteursFalling for fall, photos by Papillon des SenteursFalling for fall, photos by Papillon des Senteurs
Falling for fall, photos by Papillon des SenteursFalling for fall, photos by Papillon des SenteursFalling for fall, photos by Papillon des Senteurs

Falling for fall, photos by Papillon des Senteurs

Je sais que certains d'entre vous attendent l'article anniversaire du blog avec impatience, un article que j'ai hâte de partager avec vous car il est cher à mon cœur. Sachez que je tiens toujours mes promesses, il arrivera très vite. Pour tout vous dire il est en comité de relecture, c'est dire s'il est important ! :) Merci pour votre soutien et votre patience, je vous promets que le jeu en vaut la chandelle ! En attendant, voici un petit article ... de saison dirons-nous !

 

L'automne vient de démarrer et chaque année, je m'interroge sur cette saison qui, pour beaucoup, symbolise la fin de l'été, la rentrée et le ciel gris. Les personnes autour de nous se plaignent, déplorent cette période pleine de tristesse qui annonce l'hiver et ses (supposées) rudesses.

Alors certes, l'automne est une période moins facile que l'été où tout n'est que soleil, couleurs, gaieté et profusion, nous entrons dans une période où les jours sont plus courts, le stress au travail bat son plein, les nuits et les matins sont frais, la lumière est moins éclatante et les feuilles des arbres tombent ; il y a nécessairement une idée de fin. Mais la fin d'une saison, aussi belle fut-elle, est-elle forcément vouée à être triste ? Je ne le pense pas. 

Pourtant, quand je regarde en arrière, la saison automnale a souvent été pour moi le théâtre de profondes blessures, de renoncements, de pertes d'êtres chers, de séparations, voire de trahisons. L'an dernier encore, cette saison fut l'une des pires périodes de ma vie.

Cependant, si l'on met tout en perspective, elle a vu naître de très beaux moments partagés avec les gens que j'aime, de beaux anniversaires célébrés (les natifs de septembre et octobre m'ont toujours beaucoup entourée), de vacances hors saison extraordinaires, de bonnes nouvelles annoncées, de concerts inoubliables et de rapprochements inattendus avec des personnes qui comptaient pour moi. Ce n'est pas parce que la lumière est moins vive qu'elle n'est pas présente ...

Par ailleurs, aussi loin que je me souvienne, j'ai de très beaux souvenirs de la saison automnale que j'ai toujours trouvée magnifique dans sa lumière douce et sa mélancolie poétique.

Elle a ce quelque chose de plus posé, de plus introspectif. Personnellement, j'ai toujours beaucoup écrit à partir de la rentrée, les premiers frimas ou les jours de pluie apportant la matière et l'opportunité de prendre du temps pour soi et de créer sa bulle cocooning, une belle tasse de thé Earl grey ou de thé aux épices à la main, à écouter la pluie tomber avec un filet de musique émotionnelle en fond sonore et son animal de compagnie sur les genoux. C'est très cliché dit comme cela, mais je trouve que c'est un plaisir simple qui apporte beaucoup de bonheur. 

L'automne a également toujours été une période durant laquelle j'aimais me promener pour voir ces paysages teintés de nuances de brun, de jaune, d'orange et de rouge dans une belle harmonie, sentir les odeurs de terre humide, de feuilles et de mousses, cueillir le houx, d'autres jolies baies ou les chardons bleus de mes Alpes adorées, pour égayer la maison. Dans mon enfance, j'adorais ramasser les châtaignes pour les faire griller sur le feu, chercher les champignons même si nous revenions souvent bredouilles ou simplement humer cet air où la forêt, la pluie et la fumée de cheminée se mêlaient dans un beau tableau olfactif.

Je me souviens également de ces balades en montagne vers fin octobre, à cette époque où la neige tombait en automne et en hiver en abondance. Son odeur si particulière et celle des hauts sapins emplissaient mon cœur de joie alors que je marchais, mes doigts et mes pieds s'engourdissaient avec le froid mais cela ne gâchait en rien mon plaisir car la plus grande récompense était de s'arrêter dans un café avant de rentrer et de commander un chocolat chaud crémeux à souhait accompagné d'une crêpe ou d'une gaufre qui emplissaient l'air d'effluves beurrées. Plus tard, ce chocolat chaud se transforma parfois en green chaud (chocolat chaud avec un trait de liqueur de Chartreuse verte) mais les souvenirs sont intacts.

C'était aussi l'image de ma mère qui préparait les bocaux pour l'hiver, le fumet incomparable de ses soupes maison, véritable festival de légumes qui tenait chaud au corps comme au cœur, le pot-au-feu, les tartes aux pommes et les divers gâteaux parsemés de cacao Van Houten qui cuisaient dans le four, tout comme les premiers gratins d'hiver. 

En y pensant bien, je commence même à regarder ma période parisienne avec une petite dose de tendresse, même si l'humeur morose dans le métro et l'odeur de la pluie sur le bitume me touchent beaucoup moins, je dois l'avouer.

Enfin, dans le sud, les senteurs et couleurs de l'automne sont assez différentes du fait de la végétation et de la météo plus clémente, cependant le charme de l'arrière saison est aussi infini. Une fois passée l'agitation de la période touristique, la région s'apaise et les locaux recommencent  davantage à apprécier les jolis sites rendus impraticables durant l'été. La garrigue se remplit d'odeur d'herbes aromatiques et d'aiguilles de pin humides, de mousse de chêne ou encore de petites baies mystérieuses aux senteurs de pommes mûres. Les vendanges amènent aussi avec elles leur atmosphère vineuse de raisins écrasés si caractéristique.

J'apprécie également beaucoup d'aller à la plage à ces périodes même si l'eau est plus fraîche, les restaurants en congés bien mérités et l'ensoleillement plus restreint. Je trouve que c'est une période avec une belle lumière, notamment en fin de journée et profiter des derniers beaux jours dans le calme est vraiment un luxe dont je suis consciente. 

Falling for fall, photos by Papillon des Senteurs (suite)
Falling for fall, photos by Papillon des Senteurs (suite)Falling for fall, photos by Papillon des Senteurs (suite)Falling for fall, photos by Papillon des Senteurs (suite)

Falling for fall, photos by Papillon des Senteurs (suite)

Pour clore la parenthèse automnale, je ne peux que parler également de l'automne en parfums et en tant que perfumista assumée, l'un de mes plus grands plaisirs est également de ranger pour un temps les eaux fraîches, Cologne et autres notes florales solaires pour ressortir les parfums dans lesquels j'aime me lover une fois les températures plus basses. Ma préférence va sans grande surprise aux jolis chypres à l'ancienne comme Femme de Rochas, Mitsouko de Guerlain, Miss Dior (Original), Azzaro Couture ou encore les jolis néochypres comme Narciso et For her de Narciso Rodriguez, La Panthère de Cartier ou Aromatics in white d'Estée Lauder, sans oublier les roses boisées ou chyprées comme Portrait of a lady de Frédéric Malle, Déclaration d'un soir ou Voleur de roses de l'Artisan Parfumeur. J'aime également le réconfort des notes cosmétiques poudrées telles Misia de Chanel, Teint de neige de Villoresi ou Ombre Rose de Brosseau.

Il y a aussi ceux que j'aime à appeler les "parfums riches" par leur profusion : notes florales denses, aldéhydes ou accords chyprés sur un fond boisé, chypré voire poudré ou animal : Rive gauche d'Yves Saint Laurent, Calèche  et 24, Faubourg d'Hermès, Diva d'Ungaro, le N°5 Eau Première de Chanel ou Byzance de Rochas pour ne citer qu'eux. Enfin, ce sont les cuirés, notes tabac, encens, boisés épicés et orientaux (ambrés, vanillés) troublants qui ont définitivement mes faveurs dès les premiers froids : Cuir Ottoman, Ambre Russe et Tabac tabou de Parfum d'Empire, Colonia Leather d'Acqua di Parma, London de Burberry, Dzongkha de l'Artisan Parfumeur, mon feu Volutes de Diptyque, Cuir Beluga, Tonka Impériale et Shalimar de Guerlain, Cardinal de Heeley, Ambre Sultan, Féminité du Bois et Daim Blond de Lutens; Body Kouros d'YSL, Pi de Givenchy ou le Baiser du dragon de Cartier, pour ne citer qu'eux.

Quant à Sicily et Infusion d'Iris, je dois avouer qu'ils se révèlent différemment selon la saison, leur côté chaud-froid étant du plus bel effet par tous les temps.

J'arrête ici mon bavardage, les lecteurs et lectrices qui détestent l'automne doivent me détester à mon tour mais j'ose espérer vous avoir fait voir les choses sous un angle différent et qui sait, peut être changerez-vous d'avis, ne serait-ce que l'espace d'un instant, à la vue d'un joli parc aux couleurs ambrées et aux effluves moussues !

N'hésitez pas à partager ci dessous en commentaires vos ressentis sur l'automne, c'est toujours intéressant de prendre connaissance des vécus de chacun.

 

PS : Je pensais vous partager mes titres musicaux préférés pour l'automne mais l'article était déjà bien long comme cela, est ce que cela vous tenterait une petite playlist ?

J'aime l'automne ! (Falling for fall...)

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 21:09
#birthdayblog - 9 ans déjà !

Il y a 9 ans, dans la nuit du 20 au 21 Juillet 2010 naissait Papillon des Senteurs, le blog, après une discussion au petit déjeuner avec mon homme et par la suite ma meilleure amie. Ils ont été mes premiers lecteurs, mes critiques bienveillants et mes supports les plus importants.

 

Aujourd'hui le blog est un peu au ralenti mais il est toujours debout et il s'est enrichi des conversations et échanges avec chacun, de ma vie dans ses bons et moins bons aspects.

Ce que j'aime par dessus tout, c'est constater à quel point ce blog m'a permis de laisser ma personnalité s'exprimer, mais aussi ma sensibilité que je ne maîtrise pas toujours.

Il m'a permis de me lier d'une amitié sincère avec de belles personnes de tous horizons, venus pour le parfum ou pour les autres sujets qui me sont chers, comme la musique.

 

9 ans, c'est la fin d'un cycle, mais je suis certaine que ce nouveau cycle sera encore plus beau.

 

Merci à vous d'être là au quotidien 🙏💖

 

Ps : une jolie surprise est à venir pour fêter les 9 ans du blog... A suivre très bientôt 😄

 

#mylifeasablogger

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 06:18
Crédits : Papillon des Senteurs (Dzongkha, flacon personnel et booklet de l'album Square 1 de Charlie Winston)

Crédits : Papillon des Senteurs (Dzongkha, flacon personnel et booklet de l'album Square 1 de Charlie Winston)

Je n'ai plus le souvenir exact du jour où j'ai découvert Dzongkha pour être honnête, c'était certainement un jour où j'avais eu la chance de pouvoir mieux connaître les jus que proposait l'Artisan Parfumeur, cette maison qui m'attirait beaucoup.

Je sais que j'avais beaucoup aimé à cette époque Mûre et Musc, Premier Figuier, Patchouli Patch, Ambre Extrême, Havana Vanille ou encore La chasse aux papillons (évidemment) et j'avais le désir secret d'un jour pouvoir en porter un.

Le temps a passé, j'ai fini par en acquérir quelques uns au fur et à mesure des années. Puis la maison a été rachetée et sentant le vent tourner, en bonne perfumista je suis partie à la quête des derniers flacons avant refonte du catalogue et hausse des tarifs (spéciale dédicace à Serge Lutens notamment dans le même style).

Je me suis donc délectée de Nuit de Tubéreuse, Al Oudh et des grands classiques, plutôt en petit format pour tester, puis le sublime Séville à l'aube dont je reparlerai certainement. Enfin, les curieux Dzing et Dzongkha sont revenus à mon bon souvenir et j'ai sauté sur l'occasion.

Je les ai, en toute honneteté, économisés durant les mois qui ont suivi, les réservant à quelques dimanches par ci, par là.

Puis, je suis rentrée l'an dernier dans une période particulièrement compliquée et j'ai souhaité marquer le coup de retrouvailles avec un être cher en parfum, un an et demi après Barcelone (mes fidèles lecteurs comprendront). J'ai donc en toute logique sollicité les conseils de mes amis perfumistas pour brainstormer et trouver le jus adéquat.

Je connaissais déjà la thématique que je souhaitais donner à ce parfum, cette dernière étant de l'ordre du spirituel (au sens large du terme), et c'est tout naturellement que j'ai décidé de marquer cette journée par l'encens. J'aurais pu avec évidence choisir d'utiliser quelques précieuses gouttes de mon dernier flacon d'Elixir de Penhaligon's mais ce parfum avait déjà marqué une journée quelques mois auparavant et je souhaitais que les deux jours se distinguent bien.

De nombreuses jolies fragrances m'ont ainsi été conseillées par mes amis, quand soudain, une copine perfumista qui me connaît bien me propose Dzongkha. Cela fait sens assez vite, mais je prends le temps de retester les propositions qui m'ont le plus interpelées (dont L'orpheline de Lutens) avant de faire mon choix. 

Il faut me rendre à l'évidence, à quelques jours du jour J, cela sera certainement Dzongkha sauf changement de dernière minute.

Il faut avouer que ce parfum m'a émue en le portant de nouveau ce week-end là, à cinq petits jours de la journée tant espérée, une journée qui s'annoncait prometteuse et parfaite, tout simplement.

Dzongkha m'a semblé tout à coup très difficile à catégoriser, mais en même temps, quoi de mieux que ce parfum pour passer du temps avec une personne rare, elle-même impossible à qualifier, les mots manquants et réduisant à une piètre description qui contraint et formate une personnalité aussi peu ordinaire qu'attachante.

A titre personnel, je déteste quand on me range dans une case quelle qu'elle soit, alors je ne le ferai jamais pour les gens que j'aime. Au mieux je tente de décrire ma vision de leur singularité et ce qui fait que je les apprécie tant, mais ce n'est en rien une sorte de liste exhaustive qui classerait de manière irrévocable.

Bref, revenons-en justement à Dzongkha, impossible à ranger dans une famille olfactive pour moi tant sa structure est dense et évolutive. 

Ce que j'aime en lui c'est justement ce paradoxe entre une complexité apparente et la facilité avec laquelle on se l'approprie, devenant une composante de la peau qui le porte.

Cela m'évoque ce que disait Charlie Winston à l'occasion de la sortie de son dernier album Square 1 l'an dernier : faire simple est l'une des prouesses les plus périlleuses qui soient car ce qui paraît simple (à l'oreille par exemple), ne l'est souvent pas en définitive. L'artiste a quant à lui réussi son pari soit dit en passant, en témoignent plusieurs titres de cet album qui sont de pures merveilles (Airport, Rendez-vous, Losing touch, Get up stronger par exemple). Même le premier single The weekend, chanson que certains ont qualifiée de moins travaillée que ce que l'artiste a pu proposer parfois, possède en fait une étonnante complexité (ce n'est pas ma prof de sport qui va me contredire, elle regrette déjà d'avoir accepté le défi de la décortiquer pour une chorégraphie). Fin de la parenthèse ;)

Il en est de même pour les parfums selon moi, parfois à vouloir faire simple on se trompe totalement, dénuant d'intérêt et d'émotion le propos initial ou au contraire, lui conférant une rudesse, une dissonance en voulant trop l'épurer. Ou alors on relève le défi avec brio et cela s'appelle de la virtuosité.

Dzongkha est un parfum qui d'emblée, réussit à transporter dans un ailleurs mystique, mêlant fumées d'encens à une rose caressante, iris poudreux et cuir goudronneux, cèdre mystérieux et vétiver moussu à un thé chai d'une douceur infinie. Sur la peau, il font l'effet d'un baume de massage, enveloppant et réconfortant, présent mais subtil. Le retester m'a amené une palette de sensations et d'émotions indescriptibles, mais aussi l'impression d'être entourée de beauté, la beauté du cœur et de l'esprit, laissant mon esprit vagabonder entre mon for intérieur et l'inconnu.

Il est un tout qui comme l'eau, va d'un bord à l'autre sans se laisser attraper, entourant le corps et l'âme de sa beauté, soulageant le cœur sans qu'on s'en aperçoive (ne demeure que l'addiction au final pour s'en rendre compte).

Le jour J arriva soudain et comme souvent avant les moments qui comptent, je n'arrive pas à me focaliser sur ce que je fais, je papillonne et me disperse, laissant l'heure filer inévitablement. Je n'étais donc pas en retard car je n'aime pas cela, mais pas en avance. Incapable de me décider entre deux tenues, ne parvenant pas à me coiffer comme je le souhaitais, manquant de faire tomber une boucle d'oreilles récalcitrante dans le siphon du lavabo.

Cependant, avant de me parfumer j'ai retesté les diverses options et Dzongkha fut la seule évidence. Cela me donna soudain un sursaut de confiance, il fallait y aller, tout aller bien se passer. Déjà mon cœur était là-bas, tambourinant dans ma poitrine comme s'il voulait s'en échapper.

Quelques petites mésaventures plus tard, le signe que j'attendais ne tarda pas, confirmant l'intuition que tout allait se passer de la meilleure manière qui soit. 

Le temps fila, l'euphorie montant au fur et à mesure du temps passé avec mes amis, au gré de la musique vibrant dans mon cœur et coulant dans mes veines et de quelques clichés pour figer l'instant.

Puis le moment est venu et on se rend soudain compte que l'évidence est toujours là. Il est des personnes qu'on semble connaître depuis toujours et qui, malgré le temps passé loin l'une de l'autre, ne manquent jamais de nous accueillir le plus simplement du monde, avec une sincérité et une bonne énergie qu'on ne peut que rendre en miroir. On se trouve et on se retrouve comme si l'on ne s'était jamais vraiment perdus, comme si l'on savait, au fond de soi, ce que l'autre a vécu et vit rien qu'en se trouvant face à lui. Les bonnes ondes irradient, les regards et les sourires parlent d'eux mêmes. Tout se fait aisément, sans fard, on ose dire ce que l'on a au fond de soi, on ose parler en étant soi même, demander ce qui semblait difficile à aborder, ou alors les mots sont superflus et on se comprend sans se parler. Soudain on se saute dans les bras, qu'importent l'heure et les gens, seul compte l'élan de l'âme. Dzongkha est là à chaque instant et laisse son empreinte dans l'atmosphère, sur les étoffes et dans le cœur.

Le temps passe toujours trop vite quand on est dans un tel état de connexion et de plénitude, mais certains instants semblent suspendus et c'est le plus beau, ce qu'on n'oubliera jamais.

On sort alors dans le froid de novembre sans manteau parce que soudain, on se sent invincible. Quelques gouttes de pluie tombent et révèlent la beauté humide de Dzongkha, l'instant est magnifique et on boit jusqu'à la lie le nectar enivrant, les endorphines et les éclats de rire partagés avec les témoins de cette journée merveilleuse. Puis il faut se résigner à partir, quitter cette parenthèse mystique pour retrouver son lit confortable même si l'on sait que l'on n'arrivera pas à dormir de sitôt. De retour chez soi, tâcher de ne pas réveiller les siens malgré la fébrilité heureuse qui nous étreint.

A l'aube, je me suis réveillée et je me suis demandée si ce n'était qu'un rêve, mais mes draps sentaient Dzongkha et tout m'est revenu soudain, me donnant la force d'affronter une dure journée de labeur.

Définitivement, Dzongkha fut l'un des meilleurs choix qui soit. On aurait dit qu'il me portait, me donnant l'occasion de laisser mon âme s'exprimer sans pollution extérieure, me donnant une assurance qui ne m'est pas toujours coutumière. Je savais où j'allais, tout bonnement, et c'était délicieux. Ainsi, Dzongkha restera l'un de mes plus beaux souvenirs olfactifs, comme un secret, mais aussi un câlin bienveillant, un doudou de plus. 

Le nom de ce parfum, Dzongkha, mystérieux également, réfère à un dialecte tibétain qui est la langue officielle du Bhoutan, mais pour moi, s'il parle un langage, c'est avant tout celui du coeur ...

 

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 23:08
Storm and illusions, by Papillon des Senteurs

Storm and illusions, by Papillon des Senteurs

Il est parfois des périodes de nos vies où tout est chamboulé.

Nous ne comprenons pas ce qu'il nous arrive, pourquoi tout cela nous tombe dessus, où la tempête va nous laisser ou encore moins dans quel état. Ce sont des phases de changements majeurs qui s'annoncent et c'est perturbant, tel un saut dans le vide.

Pour passer le cap malgré la houle, nous nous raccrochons alors à ce qui nous fait du bien : les êtres chers, nos boules de poils adorées, la nature qui est toujours belle malgré ce qu'on lui fait subir, nos passions, un gentil message ou un câlin qui tombe à point nommé, un sourire ou un regard entendu croisé dans la rue.

Je traverse actuellement l'une de ces périodes, pour être tout à fait transparente avec vous.

Alors je me suis raccrochée à mes 2 passions majeures, le parfum et la musique. Elles m'ont évité de sombrer et m'ont permis de vibrer dans un moment de ma vie où je pensais ne plus en être capable.

De parfums doudous en chansons réconfortantes, d'odeurs étonnantes et émouvantes en concerts inoubliables, ces parenthèses de bonheur et le soutien de mes proches m'ont donné le courage de me battre.

Bien évidemment, il y a pire que mes problématiques dans le monde, il convient toujours de s'en souvenir quand cela ne va pas comme on le souhaite, cependant ce n'est pas pour autant une consolation suffisante. Trouver la force d'inverser la vapeur est le plus difficile qu'il soit, un travail de longue haleine qui demande résistance et persévérance. Parfois on pense se relever mais une nouvelle vague vous renverse, telle est la vie. L'important est de se relever plus fort.

Cela dit, en bonne optimiste de nature (que les rageux pensent ce qu'ils veulent), je n'ai envie de retenir de ces derniers mois chaotiques que les moments de bonheur vécus. Ils sont peu nombreux mais qu'importe, ils montrent que même dans les pires moments, il y a de l'espoir.

Parmi tout ce qui me fait tenir et battre le cœur, il y a cette idée folle qui a germé cette automne et qui ne me quitte pas. Tout s'est accéléré en fin d'année, le projet est revenu d'actualité après le nouvel an, puis des contre-temps ont pour le moment empêché sa finalisation. C'est frustrant, on a toujours envie que les beaux projets continuent d'avancer sur leur belle lancée car on languit de voir leur réalisation.

Il y a des projets comme ceux-là qui relancent la machine et donnent de l'air quand on étouffe. Mon projet est, à date, à un état qu'on peut qualifier d'attente ou de stand-by, car il ne dépend pas que de moi-même. Cependant je garde l'espoir qu'il redevienne actif bientôt et que je puisse aller jusqu'au bout avec la personne qui m'accompagne dans cette folle idée.

A côté de cela, une autre idée (totalement inattendue) a germé, encore à l'état de jeune pousse, elle est fragile et peine à grandir, mais elle représente l'avenir j'en suis certaine et rien que pour cela, elle vaut la peine d'être protégée des vents et marées.

Je ne sais pas encore où me mène le chemin, combien de temps cela prendra pour arriver à l'endroit souhaité, mais tant que mes étoiles seront là pour me guider, je ne serai pas totalement perdue ...

 

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10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 17:48

Je sais, vous allez me dire que je brille par mon absence ces derniers mois, hormis ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ...

Cela dit, je ne vous oublie pas et si tout se passe bien, dans les semaines qui arrivent vous devriez avoir droit à 1 voire 2 nouveaux articles !

J'ai hâte de les partager avec vous.

Bises parfumées,

Papillon

 

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 20:07
Parfum d'Empire, l'une de mes marques alternatives favorites
Parfum d'Empire, l'une de mes marques alternatives favoritesParfum d'Empire, l'une de mes marques alternatives favorites

Cela fait déjà un bon moment que je songe à écrire un article sur cette maison de parfums dits alternatifs, sans trouver le temps de prendre la plume.

Finalement, me voici enfin à l’œuvre, j'espère que cet article vous plaira ...

Pour ceux qui ne connaitraient pas cette marque, quelques petites informations succinctes en préambule, avant de s'intéresser de plus près aux parfums.

Parfum d'Empire a été fondée en 2003 par Marc-Antoine Corticchiato, docteur en chimie, nez et passionné par les plantes à parfum, avec l'envie de créer une marque forte, des parfums qui renversent et bouleversent. Comme il est écrit dans le discours officiel de la maison, les jus de Parfum d'Empire sont " Une prise de position face au puritanisme des jus chétifs et normatifs. Ça résonne, ça lèche, ça invite, ça pénètre …".

C'est exactement ce que j'ai ressenti quand j'ai découvert pour la première fois leurs fragrances lors d'un déplacement professionnel (auparavant, je connaissais alors la marque uniquement de nom, l'ayant vue sur des sites dédiés au parfum tels que Au Parfum, Fragrantica ou encore Osmoz).

Je pense qu'il a fallu attendre 2010 au minimum avant d'avoir l'occasion de les sentir, tombant sur elles par hasard, comme on retrouve une vague connaissance avec qui nous n'avions jamais eu l'occasion de parler. La curiosité m'avait piquée et j'avais testé plusieurs de leurs parfums, trouvant qu'il y avait vraiment un joli propos, un style unique et une émotion que je recherche justement plus que tout dans les parfums (ce qui me fait autant aimer la parfumerie).

Pour moi, Parfum d'Empire est une parfumerie qui vient du cœur et des tripes, un engagement sans compromis, des parfums qui magnifient les belles matières, donnant ainsi des œuvres pétries d'émotions. Le parfum est clairement traité comme un art chez Parfum d'Empire, cela se sent et cela fait beaucoup de bien, d'autant plus que cela se perpétue au fur et à mesure des années (contrairement à d'autres marques qui se sont perdues).

Puis, prise dans le tourbillon de ma soif de découverte parfumée et par mon budget assez limité, j'ai commencé par m'intéresser à ce que la parfumerie sélective traditionnelle avait de meilleur (et hélas de pire) avant de me lancer dans les achats de parfumerie dite "de niche" (terme que je n'apprécie pas forcément, soit dit en passant).

Enfin, j'ai fini par acquérir mes premiers parfums alternatifs en démarrant avec les pionniers (l'Artisan Parfumeur, Annick Goutal, Serge Lutens, Diptyque par exemple) et c'est à force de voir les mérites de Parfum d'Empire vantés, que m'est venue la lubie de trouver MON parfum fétiche de la maison.

Je les ai donc sentis à nouveau dans une parfumerie parisienne spécialisée dans les parfums rares, en prenant vraiment le temps de les découvrir, et mon choix fut très vite porté sur Cuir Ottoman, l'une des plus anciennes créations. Ce ne fut pas une grande surprise car je venais de comprendre mon obsession inconsciente pour les cuirs et notes cuirées, ainsi que pour les grands orientaux. Shalimar était devenu depuis quelques années l'un de mes parfums favoris, Dior Homme m'avait séduite depuis son lancement, Body Kouros me perturbait toujours autant dans sa version originale et Habanita me bouleversait profondément même si je ne l'avais pas encore porté à cet époque. 

Ainsi, retrouver une fragrance qui alliait une partie des facettes que j'appréciais était déjà un bon début. Pourtant, je n'avais pas le souvenir de Cuir Ottoman avant ce jour-là. Ce fut un coup de foudre instantané, si bien qu'il vint rejoindre instantanément ma wishlist parfumée et j'ai pu le porter avec un bonheur incommensurable quelques mois plus tard (acquis grâce à mes économies amassées pendant ce temps).

Pour vous en dessiner un portrait un peu plus précis, je vais encore une fois passer par le spectre de mes émotions et sensations car c'est ce qui me caractérise le mieux. Je dirais que pour moi Cuir Ottoman est comme une caresse, celle d'une étoffe veloutée qui effleure l'épiderme, celle d'un contact peau contre peau qui émeut et réchauffe, celle d'un cuir souple qui exhale tour à tour ses effluves animales, fumées et subtilement fleuries. Marc-Antoine Corticchiato explique qu'il a été inspiré par les cuirs de Turquie qui étaient apparemment parfumés aux notes d'iris pour arrondir leur odeur après tannage et c'est à mon sens, parfaitement restitué dans ce jus. Je retrouve aussi un peu de mon bien-aimé Volutes de Diptyque dans cette création, bien que le cuir soit encore plus évident dans Cuir Ottoman, c'est certainement lié à l'accord iris-cuir-baumes-tabac que j'affectionne tellement. L'iris est ici proposé avec noblesse mais aussi avec sensualité et richesse, il vibre, se réchauffe sur la peau et se pare d'accents fumés telles des volutes d'encens et de tabac qui s'entremêlent. Il donne une réelle sensation de parer la peau et de se modeler à son contact, tout en déposant une sorte de présence rassurante. En le sentant les yeux fermés, j'ai un peu une image d'améthyste sombre qui me vient, mais d'une teinte profonde et changeante qui contraste avec l'or d'un joli bijou d'Orient.

Parmi les autres chefs d’œuvre de la maison (je ne peux hélas pas tous les décrire), j'ai été enchantée par Azemour les orangers, hommage du créateur de la marque au Maroc où il a passé une partie de sa vie. Tour à tour éclatant, transparent, pétillant, puis épicé, herbacé et vert, il donne l'impression de parcourir les orangeraies ensoleillées et d'en saisir toutes les facettes. Je n'en ai qu'un décant pour l'instant, mais je le porte avec bonheur aux beaux jours.

Dans le style assez vert et protéiforme, il y a aussi toute la beauté de Corsica Furiosa, hommage cette fois-ci au maquis corse (la famille de Marc-Antoine Corticchiato ayant ses origines là-bas) au travers du fameux lentisque (variété de pistachier qui produit une résine aux notes vertes et épicées). J'apprécie beaucoup cette matière première, par ailleurs mise en exergue de manière assez différente dans l'Eau d'Ikar de Sisley que je porte beaucoup au printemps. Dans Corsica Furiosa, si l'on retrouve sa verdeur et son tempérament, vivifié par des notes d'agrumes en ouverture, il se fait ensuite plus sec, presque foin, avant de gagner en chaleur grâce à un fond boisé résineux bien évocateur du maquis (ou de l'idée que l'on peut s'en faire). Dans la gamme olfactive de Parfum d'Empire, ce parfum peut sembler assez inabituel mais quand on prend le temps de le laisser s'exprimer, il n'y a pas de doute, il s'agit d'un parfum créé par Marc-Antoine Corticchiato.

Je ne peux pas oublier non plus le polarisant mais magnifique Tabac Tabou auquel je suis fidèle depuis l'Olfactorama 2016 durant lequel j'ai été initialement un peu troublée par ses facettes animales assumées, avant d'en tomber littéralement amoureuse.

J'ai également porté Aziyadé régulièrement avec délice, avec sa profusion d'épices accompagnées de notes de fruits secs et de volutes fumées qui ne sont pas sans rappeler les meilleurs Lutens et en font un joli parfum gourmand élégant. Je l'ai même porté lors d'une belle soirée varoise au début de l'été pour tout vous dire et ce fut un moment de bonheur.

L'an dernier, j'ai aussi connu un véritable coup de coeur pour Ambre Russe, vous vous en souvenez peut-être si vous me suivez de près (sinon il suffit de cliquer sur le lien ci dessus). Cette attirance subite n'a pas fini en feu de paille, bien au contraire ! Il est devenu l'un de mes parfums doudous, je ressens toujours la même émotion à chaque fois que je le porte et je peux dire sans rougir qu'il a détrôné celui que je considérais comme le plus bel ambre de la Terre, le fameux Ambre Sultan de Lutens.

Enfin, plus récemment j'ai été intriguée par le dernier Parfum d'Empire, Le cri de la lumière, qui semblait changer de direction pour prendre cette fois-ci le parti de la lumière en travaillant sur l'idée d'un iris qui irradie. Quand j'ai eu l'occasion de la découvrir, je l'ai trouvé d'une élégance et d'un originalité sans pareille. La lumière apparaît ici par cet iris aldéhydé et rosé (très oxyde de rose même si je ne m'abuse) qui surprend mais se porte avec une étonnante facilité. Ce n'est évidemment pas un parfum de sillage mais plutôt un parfum de peau, même si l'on perçoit régulièrement ses effluves un rien vintage durant la journée. S'il propose une structure assez moderne, il possède malgré tout des facettes rétro qui ne sont pas pour me déplaire. Quand la note irisée transparente s'atténue, il reste sur la peau un musc blanc tout doux et un rien alcoolique / alcooleux (effet certainement dû à l'ambrette), mais ce qui fait toute la différence, c'est ce patchouli qui vient transformer un floral lumineux en un néochypre atypique (cet accord est traité encore une fois, de manière peu conventionnelle et c'est tout à son honneur). Même si les matières en présence sont différentes, il n'est pas sans me rappeler l'effet de lumière et de transparence créé dans la version Eau de toilette de La Panthère de Cartier.

Je ne vais pas continuer mon inventaire pour ne pas vous endormir, cependant ce n'est pas l'envie qui m'en manque. J'aurais pu vous parler également d'Equistrius et son iris peau retournée au chocolat, Musc Tonkin qui, comme son nom l'indique, traite d'un musc animal très sensuel mais non moins raffiné, le rafraîchissant Yuzu fou ou encore la belle rose chyprée de l'Eau suave.

Vous l'aurez compris, je voue un amour sans borne à cette belle maison et à ses créations empreintes de passion, d'émotion et d'une âme qui transcendent ces jus signés, pour venir marquer de leur beauté la vie des personnes qui les portent. Chacun des jus Parfum d'Empire que je porte me rappellent des beaux moments de vie et cela n'est pas près de s'arrêter j'en suis sûre : M-A Corticchiato semble mettre tout son coeur dans son art et la relève est déjà assurée par le jeune mais non moins talentueux Alexis que nous connaissons bien.

Si vous ne connaissez pas Parfum d'Empire, j'espère que cet article vous aura donné envie de découvrir leurs joyaux parfumés et si vous connaissez déjà, je ne peux que vous encourager à les soutenir en acquérant leurs créations, c'est un investissement raisonné mais surtout, que vous ne regretterez pas.

Il paraît qu'un nouveau parfum est en lancement imminent (nommé Acqua di Scandola), j'ai hâte de le découvrir, pas vous ?

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