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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 21:59
Ambre Russe de Parfum d'Empire, l'empreinte olfactive d'un voyage inoubliable
Ambre Russe de Parfum d'Empire, l'empreinte olfactive d'un voyage inoubliableAmbre Russe de Parfum d'Empire, l'empreinte olfactive d'un voyage inoubliable

Je pense vous avoir déjà confié à quel point j'appréciais Parfum d'Empire, la marque portée par le talentueux Marc-Antoine Corticchiato (au minimum évoqué sur les réseaux sociaux). Parmi leurs nombreux trésors, j'avais déjà craqué pour l'élégant Cuir Ottoman et plus récemment pour le très audacieux Tabac Tabou (cf. article sur l'Olfactorama 2016) mais je pense que je n'avais jamais pris le temps de me pencher sur Ambre Russe avant cette année. En effet, je possède déjà plusieurs ambres dans mon "dressing olfactif" et je pensais à tort avoir fait le tour de la question. Grossière erreur !

C'est ainsi que, grâce à un échantillon reçu lors d'un achat et à un petit décant récupéré il y a quelques mois, j'avais pu partir à sa rencontre à l'occasion d'un déplacement professionnel. Je me rappelle avoir transité par Paris Gare de Lyon et m'être réfugiée à plusieurs reprises dans ses effluves réconfortants (à cause du temps humide et du stress ambiant). Etrangement, même si je l'avais beaucoup aimé, le climat environnant assez pesant ne m'avait pas aidée à le décrypter avec attention et à mon retour, il était resté sagement dans ma trousse de toilette à m'attendre.

C'était sans compter ce voyage impromptu à Barcelone qui a remis Ambre Russe entre mes mains pour mon plus grand plaisir il y a quelques semaines. Cela faisait plusieurs années que je souhaitais prendre le temps de visiter cette ville dont on me parlait tant et que je n'avais fait qu'apercevoir au gré de mes transits (dont bien souvent par son aéroport, fort bien conçu d'ailleurs).

Puis mes proches m'ont organisé ce voyage surprise dans mon dos, je ne saurais leur en vouloir évidemment tant l'intention était louable et l'occasion inouïe d'allier deux objectifs sympathiques comme le savent ceux qui me suivent. J'ai appris notre départ très peu de temps avant, ce qui ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour le préparer, ni pour faire mes bagages avec autant de rigueur qu'à l'accoutumée (oui, je peux être assez pénible quand il s'agit de faire ma valise). Ainsi, au moment de choisir mes parfums, j'ai redécouvert la présence d'Ambre Russe et j'ai décidé de l'amener, accompagné de l'Exclusif Chanel Coromandel, fort joli aussi, et me semble-t-il de Nuit de Tubéreuse de l'Artisan Parfumeur.

Au moment de partir de chez moi, j'avais assez logiquement sélectionné Sicily comme allié du jour (parce qu'il m'évoque l'esprit latin et j'aime lui associer des souvenirs heureux). Une fois arrivés sur place, l'atmosphère de la ville m'a séduite avec une immédiateté assez peu commune (en véritable provinciale, bien souvent les grandes villes m'angoissent plus qu'autre chose). Mais Barcelone exhale une chaleur, une joie de vivre et une certaine sérénité qui fait qu'on s'y sent bien, qu'on a envie de tout voir, tout tester et de flâner, tout simplement. Riche en odeurs, en sons et en couleurs, elle a fait battre mon coeur avec intensité et apaisement à la fois. La présence de la mer à ses abords n'y est d'ailleurs pas étrangère à mon avis.

Durant notre première journée sur place, nous avons beaucoup marché mais concentré nos efforts autour de notre quartier de résidence, à savoir Poble Sec. Situé au pied de Montjuïc, c'est un quartier encore assez traditionnel, bohème et métissé où se concentrent les vestiges de l'époque industrielle de la ville (comme ces trois cheminées de brique rouge qu'on ne peut pas rater), des bâtiments assez anciens avec balcons en fer forgé, des bars à tapas et bodegas très traditionnels mais aussi des commerces un peu plus conceptuels, des ateliers d'artistes ou encore de nombreux petits (et grands) théâtres. Nous avons remonté toute l'avenida del Paralelo (Paral-lel) en direction de la célèbre Plaza de España, parcouru le Parc Joan Miró puis nous sommes repartis en direction du Musée national d'art catalan et du Jardin botanique, nous avons passé le stade olympique et nous nous sommes perdus dans les merveilleux triptyques de la fondation Miró. Nous avons fini par vagabonder dans les rues de Poble-Sec, un peu par hasard, en redescendant la colline de Montjuïc jusqu'à notre point d'ancrage, l'avenida del Parallelo donc.

Même si le printemps pointait tout juste quand nous y étions, il faisait une température très douce voire chaude pour la saison, avec un rien de brise venue de la mer pour ne pas étouffer, ce qui permettait à Sicily de s'exprimer dans de très beaux atours.

De retour à notre hôtel, nous nous sommes préparés pour le concert grandiose auquel nous allions assister ce soir-là et le parfum qui m'est apparu avec une évidence nouvelle à ce moment, c'était Ambre Russe. J'ai eu un instant d'hésitation avant de me parfumer car il faisait quand même relativement doux et un peu plus tard dans la soirée, j'allais me retrouver dans une belle salle de spectacle "muy caliente", entourée par des centaines de personnes, à danser et chanter sans retenue. Mais j'ai décidé que c'était ce parfum et pas un autre, et qu'en le dosant avec parcimonie il n'incommoderait pas trop (en tout pas plus qu'un patchoufruit ou autre sucraillon et laisserait un sillage plein d'élégance). En résumé, une attirance soudaine, inexplicable et irrépressible !

Dès les premières minutes, dans la salle d'eau de notre chambre, j'ai été subjuguée par son ouverture très alcoolisée qui enivre, évoquant tour à tour un vin pétillant comme le Champagne, puis une vodka sèche et aromatique. Ensuite, l'accord riche autour de l'ambre gris se dévoile, précieux, baumé, facetté et opulent, rendu unique par l'harmonie créée avec cette note de thé noir sombre et épicé (un thé russe évidemment), les effluves fumés d'encens et de cuir goudronneux que la vanille vient habiller d'un délicat cocon souple et liquoreux comme un rhum vieux.

Ce parfum donne l'effet d'une seconde peau veloutée tout en laissant un sillage présent qui, semble-t-il, n'indispose pas (bien au contraire).

En un sens, il présente quelques similitudes avec le fameux Cuir de l'aigle russe d'Oriza Legrand que j'avais beaucoup aimé durant l'Olfactorama.

C'est ainsi qu'il m'a habillée ce soir-là et m'a apporté beaucoup de réconfort. Malgré ma tenue vestimentaire étudiée mais assez détendue pour l'occasion, il m'a donné l'impression de porter une belle veste en cachemire douce et moelleuse, chaleureuse et protectrice.

La soirée a démarré de cette manière, les effluves d'Ambre Russe se répandant avec délice dans les rues animées de Barcelone alors que nous cherchions un restaurant où manger rapidement avant le spectacle. Ce soir-là, il y avait encore un léger vent et à chaque fois qu'il se renforçait un peu, ou alors quand je devais faire un grand pas de côté pour laisser passer une personne sur le trottoir, il se rappelait subtilement à mon souvenir comme le bras d'un ami qui console et panse toutes les blessures de l'âme, un ami toujours là même si on l'oublie parfois dans le tourbillon de la vie.

Ce n'était que le début de la soirée mais je savais d'ores et déjà que ce parfum serait associé à Barcelone pour toujours dans ma mémoire.

Puis la soirée s'égrena un peu et vint une surprise de la vie comme il en arrive trop peu souvent, mettant par hasard sur ma route une personne qui compte beaucoup pour moi. Nous avons discuté pendant cinq petites minutes mais comme on dit chez moi, il vaut mieux quelques mots, regards et sourires échangés sincères et intenses avec des êtres qui nous sont chers que des journées entières à combler le vide avec des personnes qui ne nous apportent rien ou nous désolent. C'est mon côté entier qui parle là ...

Toujours est-il que durant ces cinq minutes pleines d'émotions (je pense même avoir rougi à un instant précis), comme à l'accoutumée la chaleur corporelle a réveillé mon parfum, mon bel Ambre Russe qui commençait tout juste à somnoler, pour le faire ronronner de plus belle. Cela a ainsi définitivement ancré ce parfum à ces instants pour mon plus grand bonheur, au même titre que ce sourire radieux et cette bise qui m'ont accueillie, ce bras ami (réel cette fois-ci) qui m'a étreint quelques secondes, ces quelques mots pleins de symbolique au moment de nous quitter. 

Puis, l'heure du concert est arrivée et Ambre Russe n'a pas cessé de se rappeler à moi au gré de mes émotions, de mes mouvements et de l'atmosphère qui se réchauffait au fur et à mesure du temps. L'ambiance intimiste et chaleureuse, le théâtre aux lourds rideaux rouges et ses balcons de verre, les chants du public se mêlant à la générosité de l'artiste ... Tout se mariait parfaitement avec les sensations procurées par cette merveilleuse création de Parfum d'Empire, comme une sorte de mystérieuse intimité.

Puis arriva le moment d'émotion inattendu du concert, une annonce très sincère et touchante qui a mis mon coeur sens dessus - dessous, m'a fait frissonner littéralement et mon parfum m'a encore une fois apporté un réconfort bienvenu à cet instant précis, notamment par ses baumes et sa vanille veloutée enveloppante.

Après deux heures de bonheur, le concert toucha à sa fin vers 23 heures et sur le chemin de mon hôtel, le coeur tiraillé entre la joie, l'envie de rester à la salle de spectacle, ma tristesse, mon habituel doute et ma peur de déranger, je me réfugiais dans mon blouson encore imprégné de parfum pour y trouver un peu de douceur et de bien-être après le choix déchirant que je venais de faire. Pour le clin d'oeil, en y repensant je me rappelle que la lumière jaune des lampadaires de la rue donnait une atmosphère ambrée au quartier, si bien que même les cheminées de brique paraissaient elles aussi presque mordorées, donc totalement dans le ton d'Ambre Russe.

Une fois arrivée à l'hôtel, l'insomnie a été l'une de mes plus fidèles compagnes car mon cerveau réfléchissait bien trop et les émotions vécues me submergeaient totalement. Les diverses conversations et discussions instantanées que j'ai eues ce soir-là m'ont aidée à évacuer tout ce qui me pesait et je pense en particulier à une discussion avec une autre personne que j'apprécie beaucoup, qui m'a profondément rassurée, émue et réchauffé le coeur par ses mots-pansements, rares et riches de sens. Au milieu de la nuit (pour ne pas dire au petit matin), je me suis décidée à tenter de sombrer dans le sommeil et c'est dans les bras de Morphée et d'Ambre Russe que j'ai fini par succomber pour quelques minces heures.

Les jours qui ont suivi ont été tout autant agréables et chargés en émotion, la ville de Barcelone reste vraiment l'un de mes plus gros de coeur. Nous avons visité une bonne partie des quartiers les plus distinctifs, observé avec étonnement et sous toutes ses coutures la Sagrada Familia, flâné dans le quartier gothique et sur Las Ramblas. Nous nous sommes arrêtés longuement vers Passeig de Gracia pour les maisons de Gaudi mais aussi les belles parfumeries de niche (notamment ébahie par la Basilica Galeria qui vaut la visite pour sa beauté et sa sélection dense et pointue). A ce propos, j'ai d'ailleurs résisté avec beaucoup de force à ne ramener ni parfum ni chapeau (il y a au minimum deux belles chapelleries à voir à Barcelone pour les amateurs).

Nous avons aussi pris le funiculaire et visité à pied Montjuïc, la colline emblématique de Barcelone, vu son fameux Castell et j'étais très heureuse de marcher sur les traces d'une partie de l'intrigue de Carlos Ruiz Zafon (la fameuse trilogie du Cimetière des livres oubliés qui m'avait tenue éveillée des nuits entières il y a quelques années).

Nous avons également très bien mangé et apprécié le goût de vivre des barcelonais (le monde dans les restaurants et bars en pleine semaine est vraiment impressionnant, avec une ambiance plutôt bon enfant d'après ce que nous avons constaté). Nous avons bien-sûr goûté la fameuse bière locale Estrella Damm qui, même si elle plutôt légère en comparaison avec ce que j'ai l'habitude de déguster, est une vraie institution ici (la marque était d'ailleurs mécène du festival de musique où nous sommes allés) et se révèle très agréable à boire malgré tout (et il semblerait que ses 5.5° soient du "hors taxe" comme on dit, car elle est parvenue à me faire piquer un fou rire dès la première chope pour tout vous avouer). Détente assurée !

Tout au long de nos visites, les senteurs diverses et variées, agréables ou moins attractives, ne manquaient pas : les embruns aux abords du port, l'huile chaude, les olives épicées et la charcuterie à l'heure des repas, les odeurs des différents ingrédients de qualité au fameux Mercat de la Boqueria (et les fumets de la délicieuse cuisine du chef El Quim, aussi talentueux qu'adorable), les parfums à sillages puissants de certains catalans et catalanes, les diverses fragrances des fleurs et plantes du jardin botanique, l'odeur de métal et de caoutchouc chaud du métro ou encore les odeurs douteuses de quelques rues moins passagères (pour ne citer que quelques exemples).

Par ailleurs, même si j'ai porté d'autres parfums comme Nuit de Tubéreuse de l'Artisan Parfumeur et le sublime patchouli chic Coromandel de Chanel (que je convoite depuis fort longtemps d'ailleurs), Ambre Russe n'a cessé de me hanter : quelques effluves envolés quand le vent balayait mes cheveux au lendemain de notre arrivée, un nuage invisible, délicieusement odorant, quand je remettais la fameuse veste, quelques notes révélées par la pluie tombée sur la ville le deuxième soir après notre arrivée ou encore à chaque fois que j'ouvrais ma valise.

Même quand il n'était pas là, il restait dans ma mémoire comme l'empreinte olfactive de ma visite à Barcelone, précieux, ronronnant, inoubliable, obsédant, sensuel, animal. Ambre Russe m'évoque ce ville époustouflante de par sa chaleur, sa complexité sous-jacente et l'ambiance douce et réconfortante qu'il dégage. Il a eu le pouvoir infini de m'apaiser dès les premières notes perçues, ce qui est déjà une prouesse en soi.

Ambre Russe a mis un certain temps à se révéler mais il est à l'image de ce voyage qui m'a apporté son lot de surprises, de coups de coeur, de rêveries et m'a permis, pour la première fois depuis de nombreux mois et en particulier depuis la fin 2016, de me sentir heureuse et épanouie, d'oublier mes problèmes et de vivre, de partager, de découvrir, de penser à moi, tout simplement.

De partager des moments exquis avec des personnes que j'aime, des personnes qui, comme Ambre Russe, ont su m'apporter la flamme et le réconfort nécessaire pour reprendre ma vie en main.

Même si je dois avouer que j'ai quelques regrets sur la conscience et un sentiment d'incomplétude, je garde un souvenir inoubliable de ce voyage, l'un des plus beaux cadeaux que l'on m'ait offert, et des envies, mais aussi de l'inspiration qu'il a éveillées en moi.

Comme le disait Oscar Wilde, "Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais" et cette citation que j'adore traduit très bien ce que j'ai ressenti lors de ce voyage car ce n'était pas le moment idéal, je suis partie à Barcelone avec un peu d'inquiétude à divers sujets, mais ce fut finalement l'un des plus beaux voyages de ma vie et la charge symbolique qui lui est associée lui apporte encore plus de saveur. C'était un rendez-vous à ne pas manquer et je suis heureuse d'avoir pu vivre ces moments d'exception, d'avoir pu m'autoriser un peu de folie après tant d'épreuves endurées.

Suite à mon retour à la réalité, Ambre Russe est naturellement venu rejoindre mes parfums indispensables et bien que je veille à ne pas le porter trop souvent pour ne pas lui faire perdre de sa magie, sa simple présence dans mon placard, disponible pour une inspiration (respiration) rapide en cas d'urgence, suffit à me combler. Comme une photographie qui, à sa simple vue, redonne la force de se battre contre l'adversité, comme un beau rêve qui s'esquisse et qu'on ne veut pas laisser échapper ...

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 19:55
#ThankYouCharlieWinston

Pas de véritable article cette fois-ci et publication complètement hors sujet je l'admets, mais ceci est mon blog et j'avais juste envie de laisser un petit mot pour Charlie Winston que j'apprécie beaucoup (et c'est un euphémisme). Ceux qui me connaissent sauront pourquoi.

Charlie, merci pour ta musique qui me touche au plus profond de mon être, tes si beaux textes, les incroyables moments que j'ai vécus grâce à toi et à tes côtés lors des concerts, le soutien que tu m'as apporté sans le savoir quand mon moral était au plus bas et bien-sûr pour toutes les belles valeurs que tu véhicules : simplicité, gentillesse, bienveillance, tolérance et générosité.

Je te l'ai déjà dit mais cela ne fait rien : je t'adore en tant qu'artiste et en tant qu'homme. Merci pour tout, reste tel que tu es. #SaySomething

#ThankYouCharlieWinston

Enfin, sois sûr d'une chose, tes vrais fans seront toujours là pour toi ! <3

#ForeverCharliestas #ForeverCharliesAngels #ForeverCurioCitizens #ForeverHobos

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 06:00
Une journée sous le signe du cuir ... avec Charlie WinstonUne journée sous le signe du cuir ... avec Charlie Winston
Une journée sous le signe du cuir ... avec Charlie WinstonUne journée sous le signe du cuir ... avec Charlie WinstonUne journée sous le signe du cuir ... avec Charlie Winston

Bien, que les choses soient claires, n'allez pas vous imaginer des histoires graveleuses, je parle principalement d'une inoubliable journée placée sous le signe des parfums aux facettes cuirées.

Comme je l'avais indiqué en introduction de mon précédent billet, après avoir écrit l'article sur Charlie Winston et les parfums qui lui siéraient à mes yeux, j'ai eu du mal à reprendre la plume pour diverses raisons.

Par ailleurs, comme je l'avais dit en conclusion dudit article, même si j'adorais déjà Charlie auparavant en tant qu'artiste, j'étais tombée littéralement sous le charme du showman mais aussi de l'homme qu'il y avait sous le chapeau. De ce fait, je ne rêvais que d'une chose : le revoir très vite sur scène et peut être avoir la chance de le croiser et d’échanger quelques mots.

Tout l'été 2015 fut rythmé par les divers festivals où Charlie et son groupe officiaient, mais malheureusement je n'avais pas réussi à retourner le voir. Puis, alors que j'espérais secrètement qu'il repasse dans ma région, j'ai appris qu'une banque bien connue (dont le code couleur est le vert avec une touche de rouge, vous verrez certainement de qui je parle) organisait un tremplin musical parrainé par Charlie Winston et couronné par une série de concerts privés dans la région Rhône Alpes. Je vous laisse deviner mon état de transe, d'autant plus que j'ai des contacts dans cette région (je m'y rends donc très souvent).

Pour assister à l'un des concerts, il fallait voter pour son jeune talent favori et à la fin du concours, les places étaient attribuées par tirage au sort parmi les votants. Après quelques sueurs froides au premier tour, j'ai eu la chance de récupérer des entrées lors de la remise en jeu de places non téléchargées à la veille du concert. Comble du bonheur, j'ai également gagné un pass backstage pour assister à la fin des balances et pouvoir approcher Charlie quelques instants à l'occasion d'une petite séance de dédicaces.

Très fébrile le matin de mon départ, je bouclais mon sac de voyage et m'apprêtais à prendre la route quand je me suis rendu compte que j'avais oublié de me parfumer. Comme c'était une journée assez atypique et unique qui m'attendait, j'ai souhaité porter un parfum auquel peu de souvenirs étaient rattachés, pour la rendre encore plus mémorable ensuite. Ce fut donc Kelly Calèche d'Hermès (que je venais tout juste de recevoir après l'avoir redécouvert et finalement apprécié). En effet, pendant longtemps les notes de tête très fruitées et acidulées avaient influencé assez négativement mon opinion sur cette fragrance jusqu'à ce jour d'octobre 2015 où j'avais retesté tous les Hermès de ma parfumerie de quartier. Quand j'avais essayé Kelly Calèche, j'avais à cœur de comprendre cette fois en quoi il se rapprochait du chef d’œuvre qu'est Calèche à mes yeux. Étrangement ce jour là, la tête fruitée s'était évanouie très vite pour laisser place à un cuir velouté et irisé. J'étais tellement étonnée de le trouver plaisant que j'avais souhaité le porter sur peau pour mieux appréhender l'alchimie entre ses différentes facettes et la "matière humaine". Il s'était révélé surprenant, certes moins signé et moins élégant que Calèche, cependant j'avais apprécié son originalité et son élégance par rapport à nombre de parfums pour "jeunes femmes". C'est ainsi qu'il avait complété ma collection !

Il fut donc désigné pour être mon parfum du jour (ou en tout cas, le premier à marquer olfactivement parlant cette journée que j'attendais avec impatience, autant que je l'appréhendais). Durant les heures de trajet en voiture qui me séparaient du lieu de l'événement, Charlie et mes autres favoris musicaux me guidèrent sur la route et Kelly Calèche marquait de ses effluves crémeux et poudrés cette matinée pluvieuse pleine de promesses.

Mais ce jus d'Hermès ne fut pas l'unique à marquer au fer rouge sur ma peau cette journée. En effet, alors que les heures défilaient suite à mon arrivée sur place, mon hôte me proposa de me rafraîchir avant le concert si je le souhaitais ; j'avais accepté sans hésitation. Si je n'ai aucun souvenir des produits de douche utilisés ce jour là (peut être un gel moussant à la rose, sans certitude), à la sortie du bain je me rappelle avoir hésité entre les deux échantillons de parfum que j'avais amenés. J'avais ainsi un dilemme à résoudre entre :

- Iris Prima de Penhaligon's (qui était un peu dans la même veine que Kelly Calèche) : un cuir souple et velouté agrémenté de notes florales fraîches et fruitées qui lui conféraient une fraîcheur pimpante et un peu de dynamisme, mais aussi un rien de poésie mélancolique.

- Volutes de Diptyque (EDT) que j'avais décanté dans un vaporisateur de voyage avant mon départ dans cette optique. J'adorais ce parfum si caractéristique où le cuir irisé côtoie le tabac et l'immortelle, se fait boisé, baumé, mais aussi légèrement épicé et se pare d'une touche miellée bien équilibrée.

Mais je me retrouvais confrontée à deux problèmes : l'heure avait filé et il fallait que je rejoigne mon covoiturage dans les cinq minutes qui suivaient donc peu de temps pour décider ; par ailleurs, mon flacon de Volutes était resté dans mon sac à main dans l'entrée du domicile de mon hôte, donc aller le chercher impliquait (en plus de perdre du temps) de traverser la maison en petite tenue, ce qui n'était pas concevable. J'ai donc opté pour l'efficacité et ainsi pour l'éclatant mais non moins plaisant Iris Prima (so british, qui plus est !).

Quelques minutes plus tard, je rejoignais mon covoiturage comme prévu, en route pour rencontrer Charlie ! Plus l'heure approchait et plus je trépignais, cependant je commençais à retrouver les travers de mon chronique manque de confiance en moi. Je me demandais si je rêvais, si Charlie allait bien être au rendez vous, si j'allais réussir à trouver mes mots malgré l'émotion (en anglais de surcroît) ...

Puis, juste avant de m'élancer vers l'inconnu, j'ai vaporisé sur mon poignet un spray réconfortant de Volutes, pris une grande inspiration et nous avons gambadé jusqu'à la salle de spectacle (en nous perdant en route, bien évidemment).

Une fois sur place, les organisateurs nous ont pris en charge gentiment, nous avons dû attendre un moment qui m'a paru interminable avant d'accéder aux backstages. Evidemment, j'ai commencé à trépigner de nouveau jusqu'à ce que j'aperçoive par le hublot de la porte, la silhouette si reconnaissable de cette personne que j'admirais tant : Charlie Winston bien entendu. Affublé de son authentique chapeau noir à ruban gros grain grignoté par un chien (époque Hobo pour les connaisseurs) et d'un ensemble en jean, il était fidèle à lui-même : chic et décontracté. Quand il est entré dans la salle d'interview, tout le petit groupe s'est tu, comme hypnotisé par l'apparition de cet homme si charismatique. Je me suis fait la réflexion en le voyant de si près qu'il était encore plus grand que je ne me l'étais imaginé (à vue de nez, je dirais 1 mètre 90 environ). En effet, même s'il m'avait frôlée durant son passage en fosse lors du précédent concert, ce jour-là il m'avait semblé encore plus élancé. Les présentations ont été faites très rapidement, puis nous avons commencé à défiler. J'ai failli me lancer la première mais j'ai été devancée, si bien qu'ensuite j'étais comme paralysée, incapable d'avancer vers lui. J'ai donc laissé passer les trois quarts du groupe avant de me décider et je ne savais toujours pas dans quelle langue j'allais lui parler. Finalement, je l'ai salué en anglais et j'ai tenté la conversation complète dans la langue de Shakespeare malgré mon effervescence intérieure (je vous laisse imaginer mon état). Mais fidèle à l'image qu'il renvoie, Charlie s'est montré très gentil et bienveillant. Il a essayé de me mettre à l'aise, si bien que nous avons finalement échangé durant cinq bonnes minutes, presque comme deux amis. J'ai réussi à lui dire presque tout ce que je souhaitais, nous avons discuté avec beaucoup de simplicité et bien ri aussi ; en bref j'ai passé un moment intense et fort agréable avec lui.

Avec l'émotion, je sentais la chaleur de mon corps diffuser par instant les effluves de Volutes ou d'Iris Prima, si bien qu'au moment où nous avons parlé de mon article traitant de Charlie et les parfums que j'avais imaginés pour lui, j'ai décidé de lui donner mon vaporisateur de sac de Volutes de Diptyque (il était en effet sur la liste des parfums qui me semblaient coller à sa personnalité). Il a semblé surpris, se demandait de quoi il s'agissait et pour ne pas le monopoliser davantage (j'entendais soupirer certaines personnes car nous passions un peu de temps ensemble), je lui ai dit que je lui écrirais un message à mon retour pour lui expliquer s'il le souhaitait.

Nous avons fini par nous laisser, Charlie m'a souhaité de bien profiter du concert et nous nous sommes mutuellement remerciés pour notre rencontre. Très émue par cet échange qui allait au delà de ce que j'avais pu imaginer, je n'arrivais pas trop à redescendre de mon nuage, jusqu'à ce qu'on nous demande de ressortir des backstages dans le froid de novembre, avant de rentrer dans la salle de concert.

Le spectacle fut aussi exceptionnel que le reste de la journée et la setlist un peu modifiée par rapport au précédent concert auquel j'avais assisté. Apparemment Charlie avait attrapé froid (nous l'avons su le lendemain) mais il était aussi talentueux et généreux que d'habitude. Nombre de spectateurs étaient venus un peu par hasard pour accompagner un proche qui avait gagné des places, mais dès la deuxième chanson, Charlie les a conquis. L'ambiance était bon enfant dans la fosse comme dans les gradins, les "Charlie je t'aime! " fusaient (et pas seulement de la part des femmes), tous les âges fusionnaient pour faire la fête avec lui. Charlie et son groupe semblaient aussi se régaler ... et moi j'étais si heureuse ! Comme toujours, le temps a filé beaucoup trop vite, la fin du concert était déjà arrivée et je rentrais dormir chez mes amis avec le cœur palpitant. Comme la dernière fois, il m'a été très difficile de trouver le sommeil après cette merveilleuse journée. Je me suis repassé en boucle le film des événements et les effluves cuirés des divers instants de grâce vécus se sont également rappelés à mon souvenir, comme de fidèles compagnons de route.

Même si je n'avais pas forcément fait la sélection des fragrances sur cette base, je me suis aperçu dans mon demi-sommeil que les trois parfums portés ce jour là étaient des cuirés. Il est également vrai que dans mon premier article sur Charlie, j'avais longuement insisté sur son côté dandy et donc sur le fait que je le voyais bien porter des parfums composés d'accords autour de l'iris et du cuir. Cette sélection était donc inconsciente mais logique pour agrémenter ma journée aux côtés du beau british. Désormais, à chaque fois que je porte à nouveau l'un d'entre eux, je revis quelques instants de notre rencontre et cela me procure un bien-être infini.

J'ose espérer que Volutes lui a plu autant qu'à moi et qu'il a passé en ma compagnie un moment presque aussi agréable que ce que j'ai vécu. Je donnerais beaucoup pour avoir la chance de passer une journée à ses côtés, car il est un homme talentueux, humain, cultivé, inspirant et simple, le tout agrémenté d'une gentillesse authentique et d'un humour irrésistible. Je sais qu'il est compliqué de comprendre mes ressentis quand on n'a pas eu la chance de vivre ce genre de rencontres qui changent une existence. Très sincèrement, je vous souhaite de connaître ce bonheur au moins une fois. Il n'est pas question d'amour dans le sens galvaudé du terme, plutôt d'une admiration et d'une tendresse infinie pour l'homme qu'il est. Il est le grand frère que j'aurais aimé avoir, en un sens.

Par ailleurs, qu'il s'agisse de Volutes, des plus "féminins" Kelly Calèche ou Iris Prima, ces trois fragrances incarnent à leur manière l'homme qu'il est, ce mélange de sophistication et d'évidence. Pendant trop longtemps (Too long, les Charliestas comprendront), je me suis contentée d'écouter sa belle voix et sa musique guérisseuse. Il m'a fallu creuser un peu et le déclic de la scène pour aller à la rencontre de l'homme. Il en a été de même pour ces parfums, pendant longtemps j'ai failli passer au travers, mais j'ai décidé de lever leur masque, j'ai découvert leur vrai visage et vu naître une inclinaison qui résonne encore en moi. Ils m'ont alors accompagnée dans l'un des plus beaux jours de ma vie et m'ont rappelé que l'existence n'est rien sans de belles rencontres ...

 

PS : Merci encore à mon "ange gardien", mon étoile, Charlie, pour tout ce que tu apportes dans ma vie sans t'en douter. Tu as beaucoup de talent mais avant tout une très belle âme.

J'en profite aussi pour te souhaiter un heureux anniversaire auprès de ceux que tu aimes.

 

PS2 : Je viens d'avoir la chance de revoir CW dans les montagnes grenobloises cet été et il s'est montré tout autant adorable que la première fois, tel un rayon de soleil, un semeur de rêves et de bonheur. Cela dit, pour l'anecdote, ce jour-là j'avais choisi l'Eau de campagne de Sisley (du grand Jean Claude Ellena), pour m'adapter à la chaleur étouffante du climat isérois, parée de sa fraîcheur et de ses effluves de feuilles froissées, de tomate et de basilic. Il s'est montré parfaitement adapté à cette journée en plein air avec mes amies et au rire taquin de Charlie quand nous l'avons croisé ... Je l'adore encore plus depuis ce jour ! (le parfum ... et Charlie bien entendu ! :-P ). Mais le cuir n'était pas loin car mon t-shirt avait conservé (malgré le lavage) quelques notes cuirées fruitées emblématiques de la Colonia Leather d'Acqua di Parma ! Quand je vous dis qu'il n'y a pas de hasard ...

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:30
Mes favoris de l'Olfactorama et ce qu'ils sont devenus ...Mes favoris de l'Olfactorama et ce qu'ils sont devenus ...
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Mes favoris de l'Olfactorama et ce qu'ils sont devenus ...Mes favoris de l'Olfactorama et ce qu'ils sont devenus ...Mes favoris de l'Olfactorama et ce qu'ils sont devenus ...

Pour ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux, vous n'êtes pas sans savoir que j'ai eu la chance de faire partie cette année du jury de l'Olfactorama, ce prix des amoureux du parfum qui a pour objectif de promouvoir et de défendre une parfumerie de qualité, mais aussi de repositionner le parfum comme vecteur d'expression artistique.

C'était une première pour moi et j'ai vraiment apprécié l'exercice du test à l'aveugle qui nous oblige à faire abstraction du marketing ou d'un attachement quelconque à une marque, pour ne laisser parler que notre sens olfactif et les émotions qui y sont reliées.

La sélection était merveilleuse et même si j'ai longtemps hésité pour certaines catégories, cela m'a permis de faire de belles découvertes ou tout simplement de confirmer mon inclinaison pour certains parfums que je connaissais déjà.

Le verdict a été rendu suite au vote de tous les jurés, certains de mes favoris ont été récompensés mais le principal, c'est que j'ai tissé des liens particuliers avec chacun d'entre eux car je les ai vraiment étudié sous divers prismes dont celui de l'émotion, critère quasiment indispensable pour moi dans le choix d'un parfum (non, le parfum n'est pas juste un sent-bon en ce qui me concerne et cela ne vous étonnera pas si vous me lisez régulièrement).

Quelques mois après la fin des votes, je tenais à partager avec vous les parfums qui m'ont particulièrement touchée et j'espère que cela vous donnera l'envie de les découvrir, ou de me donner votre avis si vous les connaissez.

- Prix du Patrimoine de l’Olfactorama 2016

Parmi tous les magnifiques parfums proposés dans cette sélection qui célèbre les rééditions de parfums d'antan, j'ai immédiatement été frappée par la beauté singulière du parfum de la Maison Oriza L. Legrand "Cuir de l'Aigle Russe". Vintage à souhait, élégant et racé, son accord construit autour d'un oeillet rosé développe tour à tour ses facettes enivrantes tantôt épicées, puis boisées fumées et enfin cuirées arrondies par une belle proportion de notes balsamiques. Si sur touche à parfum la fragrance est vibrante et touchante, sur peau elle prend sur moi une dimension purement addictive, devenant à la fois très sensuelle et presque cosmétique par moment. Si la marque s'est apparemment inspirée du bon goût de l'artistocratie russe dans ce jus ("un samovar rutilant au beau milieu d'un fumoir tendu de brocards d'or aux couleurs chatoyantes"), je ne sais pas pourquoi il m'évoque des souvenirs d'enfance. Au delà de cela, il me procure du bien être et je pense qu'il sera mien dès que je le pourrai.

- Prix de la Virtuosité de l’Olfactorama 2016

Bien entendu, il s'agit de la belle Misia qui a le plus fait battre mon coeur. Il m'a semblé la reconnaître lors du test à l'aveugle mais j'ai souhaité en faire abstraction et me concentrer sur mes sensations olfactives. J'en suis encore plus tombée amoureuse. En effet, si le duo rose - violette en coeur m'a rappelé un univers cosmétique que j'affectionne (ah les odeurs merveilleuses des rouges à lèvres de nos grands-mères :) ), c'est particulièrement la note iris qui m'a émue, tour à tour beurrée comme un lipstick crémeux puis poudreuse et poudrée. Qui plus est, ce bel accord est magnifié par des aldéhydes à la fois très "chaneliens" et  en même proche d'un univers BCBG à la Rive gauche (le Chypre en moins) et modernisé par une framboise duveteuse qui n'est pas sans rappeler, dans une tout autre mesure, l'Eau en blanc Lolita Lempicka. Et puis je ne cherche pas plus que cela à comprendre pourquoi j'adore Misia, je suis tombée sous le charme de la belle, cele ne s'explique pas !

Je tiens également à souligner que tous les nommés de cette sélection avaient une qualité de composition notable, j'ai pris beaucoup de plaisir à les découvrir et même si The Night de F. Malle m'a désarçonnée car c'est un oud très animal, j'ai appris à l'aimer et je le trouve finalement très beau et facetté. Un parti pris comme on les aime !

- Prix de l’Emotion de l’Olfactorama 2016

Vous vous en doutez peut être, je vais vous parler de Tabac Tabou de Parfum d'Empire (une marque que j'adore, soit dit en passant). Je n'avais pas encore eu le temps de me l'approprier avant de le tester en aveugle via l'Olfactorama, à peine testé et aimé lors d'une virée éclair à la capitale. Mais quand je l'ai senti pour la première fois sans a priori, j'ai eu le bonheur de retrouver les facettes animales "sales" que j'affectionne particulièrement dans Muscs Koublaï Khän mais également dans Kouros (le vrai rugissant, celui des débuts). Mais outre ces aspérités animales, Tabac Tabou se construit sur une jolie trame autour de notes cuirées et tabac. C'est également l'immortelle et un narcisse à vous couper le souffle qui évoque à la fois la verdeur des grands espaces et le foin d'une écurie, mais l'ensemble est adouci par des notes florales miellées qui procurent une sensation d'harmonie et d'apaisement. Même si la tenue sur peau est excellente, plus il évolue et plus il va vers la douceur, jusqu'à laisser une trace tout juste perceptible en toute fin de journée, comme le sillage d'une fumée lointaine. Je ne vous cache pas qu'il a depuis rejoint mon dressing olfactif, bluffée par sa capacité à intriguer et à se faire adopter.

Dans la même catégorie, j'avais aussi adoré Oriental Express de Mugler qui mêle un bel iris à des notes épicées tout en délicatesse. Je souhaite le retester encore à l'occasion et pourquoi pas l'acheter si le charme est toujours là.

Mention spéciale enfin à Palissandre d'Or d'Aedes de Venustas dont j'ai adoré le travail très délicat et riche autour des notes boisées, habillées d'épices et de fleurs (pour ma part, il m'a évoqué principalement la rose).

- Prix du Grand Masculin de l’Olfactorama 2016

Pour cette catégorie, je me permets un peu de digression ... C'est en fait assez drôle car malheureusement, une des fioles s'est cassée dans le transport et a généreusement répandu son liquide odorant sur ses concurrents mais aussi sur la lettre explicative, au grand dam d'Alexis (Jicky pour les initiés), comme pour prendre l'ascendant sur les autres. Fort heureusement il restait un peu de jus dans le spray et le papier de la lettre était si généreusement imbibé de parfum que j'ai quand même pu l'évaluer sans problème. Cependant pour l'anecdote, l'encre qui permettait de repérér les fioles de cette catégorie s'était effacé donc quand j'ai voté, j'ai transmis à Alexis mon interprêtation olfactive des notes et les codes que j'avais désespérément tenté de déchiffrer par l'empreinte qu'ils avaient laissée sur le papier.

C'est ainsi qu'à la fin du processus, j'avais su que le parfum "vandale" était à ma grande surprise Infinite spicy de Mercedes Benz (by Olivier Cresp). Même s'il s'est révélé très entêtant car très diffusif et tenace dans l'enveloppe, j'avoue lui avoir trouvé de jolies qualités, assez étonnant pour un parfum relatif à ce type de licence. En effet, sa force boisée assez classique réveillée par des notes très épicées (poivres, cardamome et gingembre notamment) est une belle surprise en mainstream.

Il y avait aussi le Lolita Lempicka intense avec ses notes anisées boostées et son coeur légèrement fleuri (facette irisée) mais il a fini par me lasser un peu. Pourtant, l'anis étoilé ne me dérange pas.

Mais mon coeur a surtout eu du mal à départager les deux autres : Habit Rouge Dress Code de Guerlain et Equipage Géranium d'Hermès. En effet, Habit Rouge fait partie de mes parfums préférés depuis longtemps, j'avais découvert et acquis Dress Code assez rapidement et il m'a semblé reconnaître durant les évaluatins mais j'ai préféré mettre cette impression de côté pour mieux l'appréhender. Je l'ai trouvé très joli, un vrai Guerlain avec du cuir, de la vanille, de la tonka posés sur un lit de bois et de rose. Un brin plus gourmand qu'Habit Rouge (accord noisette et cacao qui sait rester dans la mesure), il m'a vraiment charmée sur la durée. 

Celui qui a failli lui voler la vedette est donc Equipage Géranium. Si vous me lisez, vous devez savoir qu'Hermès et Jean Claude Ellena me sont chers. J'ai toujours trouvé les masculins d'Hermès (et une majeure partie des féminins) éminemment élégants (les plus anciens comme ceux de l'ère Ellena), j'en partage d'ailleurs plusieurs avec mon homme. Equipage est l'un des seuls que je n'avais pas encore achetés, pourtant je l'aime beaucoup. J'avais complètement raté le lancement d'Equipage Géranium, remasterisé par JCE, certainement sorti un peu trop discrètement dans les boutiques de ma province. C'est donc avec un nez tout neuf que je l'ai découvert et ce fut un coup de coeur. En effet, même s'il explore le thème assez classique des notes fougères "savon à barbe",  il propose ici une nouvelle interprêtation où le géranium est en surdose et ses multiples facettes se déploient avec beaucoup de modernité et de délicatesse. Il alterne sans cesse entre un certain chaud - froid déstabilisant mais aussi purement addictif (notes mentholées, bois, épices). J'ai failli lui donner la première place mais finalement, j'ai fini par rester sur ma première impression et choisi Habit Rouge Dress Code (le cuir et les notes orientales sont un de mes péchés mignons, on ne se refait pas). 

Cependant cela m'a donné envie de me repencher sur Equipage dans ses deux versions et le plus dur sera de faire un choix !

- Prix du Grand Féminin 2016 de l’Olfactorama 2016

Les féminins m'ont posé de grandes difficultés car sur les cinq finalistes, quatre me paraissaient très intéressants et touchants.

Je ne vais pas rentrer dans le détail de mes tergiversations mais seulement préciser que seul le B de Balenciaga m'avait un peu laissée sur ma faim (bien qu'il soit joli, je n'ai pas été spécialement touchée par ses qualités olfactives).

En revanche, j'ai longuement hésité entre les deux néo-chypres parés de musc : Narciso de Narciso Rodriguez et Aromatics in white de Clinique. Si au premier tour, j'avais fini par donner l'avantage à Aromatics, j'ai revu mon jugement lors du test ultime où Narciso a su m'emmener dans son cocon ouaté, tel le demi-frère tendre d'Aromatics in white, de La Panthère et de For her (oui, sacrée famille, n'est-ce pas ?).

J'ai également beaucoup aimé la merveilleuse fleur d'oranger pétillante et solaire de La fille de l'air de Courrèges. Il finira certainement sur ma wishlist de fin d'année !

Enfin, Must Gold de Cartier m'avait déjà conquise car je l'avais achetée juste avant de démarrer l'Olfactorama.

- Prix du Grand Mixte de l’Olfactorama 2016

Je me suis vraiment régalée à évaluer ces divers jus, il me faut le souligner. Cependant ce fut la catégorie sur laquelle j'ai le plus tergiversé, faire un choix m'était très difficile car j'avais de fortes affinités avec tous. Ce qui était assez frappant d'ailleurs, c'est que quatre parfums sur cinq jouaient la carte du réconfort, dans un registre à la fois élégant et d'une certaine évidence. Les muscs et les facettes irisées étaient assez récurrentes par ailleurs, hormis pour certains.

Le test sur peau s'était révélé encore plus nécessaire pour ma part car il m'a permis de revoir ma position initiale, certains accords se révélant bien davantage une fois portés et d'autres s'affadissant un peu hélas.

Pour commencer, j'aimais déjà beaucoup l'Eau de Cartier Vétiver Bleu avec ses accents d'iris, cependant quand j'ai testé les autres, j'ai également trouvé de très belles propositions chez Prada avec l'Infusion d'Oeillet et ses atours vintage interprêtés à la façon Andrier (c'est à dire avec beaucoup de transparence, de contemporanéité et d'élégance) et l'Infusion d'Amande qui évite l'écueil de la gourmandise trop marquée pour proposer une note délicate et moelleuse oscillant entre amande douce et amande amère finement héliotropée, sur un lit de tonka bien dosé.Difficile de faire son choix entre ces deux là, croyez-moi !

De l'autre côté, Bulgari offrait deux nouvelles Eaux Parfumées au Thé (collection Bulgari que j'affectionne particulièrement). Celle au thé noir se révèle sombre et fumée, un peu typée Moyen-Orient, tandis que celle au thé bleu a de faux airs d'Infusion d'Iris voire l'Eau de Narcisse Bleu (certainement dû au duo lavande - iris) pour un résultat plein de finesse et de poésie.

J'ai fini par distinguer cette dernière mais cela s'est joué à un rien. Les autres viendront probablement compléter mon dressing si j'ai toujours autant de plaisir à les porter.

- Prix Atmosphère de l’Olfactorama 2016

Il s'agit pour terminer de la catégorie liée aux parfums pour la maison et même si l'hétérogénéité des types de produits m'a un peu perturbée (difficile de comparer le rendu de notes différentes sur alcool et sur cire), j'ai beaucoup aimé la sélection.

Mes coups de coeur ont été principalement la bougie Dark Galleon d'Arquiste qui présente une belle personnalité avec ses épices furieuses et son cuir sombre, j'espère qu'elle est aussi belle à l'utilisation. Dans un registre diamétrialement opposé, j'ai vraiment apprécié le charme discret et la douceur talquée de la bougie Kaolin de Iunx (par Olivia Giacobetti) aux accents de violette / (ionones ?) qui semble se cuirer un brin.

Pour le moment je n'ai pas encore craqué, mais j'avoue qu'elles m'ont beaucoup émue.

Les trois autres étaient très beaux aussi, j'avais mis le Marché aux épices de Diptyque dans la liste de mes favoris, Dans mon lit de F. Malle m'a semblé paré de belles qualités également et Sureau noir de Iunx est intéressant par ses notes de sous bois.

 

Nous arrivons au terme de ce long article, ne m'en veuillez pas mais il y avait de la matière à exploiter ! En résumé, l'Olfactorama a été une expérience très plaisante et enrichissante qui m'a permis de découvrir ou redécouvrir des lancements dignes d'intérêt dans toutes les catégories ; cela donne une lueur d'espoir dans le contexte actuel.

Je tenais donc à remercier toute l'équipe qui a mené cette édition de mains de maître et m'a témoigné une réelle confiance en me proposant de poser ma pierre à l'édifice. Enfin, une mention spéciale à Alexis pour sa sympathie et ses messages toujours très clairs et agréables. Je m'excuse encore pour les retours "juste à temps", mais j'ai vécu de vrais dilemmes ! :)

Par ailleurs, en amoureuse du parfum, ce projet est une cause que je défends avec conviction et je lui souhaite beaucoup de réussite dans les années qui viennent.

Et vous, connaissez-vous ces parfums ? N'hésitez pas à partager vos ressentis !

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 22:39
Coup de coeur pour une marque alternative : Ann Gérard Parfum

Encore une fois, après avoir publié mon article sur Charlie Winston, il m'a été très difficile de retrouver une source d'inspiration aussi forte pour écrire un article incarné.

Qui plus est, les lancements de ces derniers mois n'ont pas forcément été spécialement motivants (hormis quelques exceptions), donc cela ne m'a pas aidé à reprendre du service.

Bref, tout cela pour dire que j'ai fini par avoir une illumination, un soir, après avoir fait le tri dans mes échantillons.

Je suis retombée sur des échantillons d'une marque alternative découverte grâce à Auparfum et testée longuement à la boutique Jovoy, il s'agit de la marque Ann Gérard Parfum.

Originellement, Ann Gérard est une créatrice de bijoux reconnue qui a toujours adoré le parfum. Selon ses propres mots, ce dernier étant le "miroir de nos émotions", telle une parure secrète, il n'est donc pas illégitime qu'elle ait souhaité faire appel à Bertrand Duchaufour pour composer ses 3 premiers parfums.

Ces derniers sont des parfums d'une qualité remarquable, avec une réelle richesse des matières premières et une véritable intention dans la composition, le tout pour un tarif de vente très honnête, donc j'ai souhaité partager avec vous cette très belle découverte.

Ciel d'opale :

Ce parfum a été travaillé tel un cabochon d'opale olfactif, rayonnant, rond et plus complexe qu'on l'imagine de prime abord. C'est une note assez atypique de nos jours, mettant en exergue un superbe bouquet de fleurs blanches miellées, opulent à souhait, qui s'acoquine avec des notes ambrées et boisées vibrantes et d'un vétiver moussu qui donne une impression de chypre mélancolique. J'affectionne particulièrement ce style de fragrances retro et signées, mais que l'on peut s'approprier assez aisément tout de même. La tenue est notable car mes cheveux sont restés parfumés jusqu'au lendemain.

Perle de mousse :

D'un esprit "goutalien" vintage, ce parfum est peut être un peu moins facile d'accès par ses notes de muguet vert et moussu mais il est d'une poésie infinie ... J'ai une tendresse particulière pour celui-ci, il évoque bien cette nymphe mystérieuse et délicate qui garde précieusement les secrets d'une forêt magique. Comme j'ai pu le lire sur Auparfum, il est vrai que ce muguet n'est pas vraiment printanier mais plutôt sombre et intrigant, plus proche d'un univers automnal, et c'est ce qui fait sa réelle originalité. J'apprécie aussi le contraste de ses notes rosées et aldéhydées cristallines avec le lentisque pour un effet chypré des plus séduisants.

Rose Cut :

Ce n'est finalement pas un hasard si j'apprécie le travail réalisé sur les parfums Ann Gérard et il y a plusieurs explications à cela ; parmi elles, j'aime certaines matières récurrentes qui signent les jus, comme par exemple les aldéhydes, les notes vertes, les fleurs blanches ou encore les baumes. Aussi, j'apprécie le fait que la collection propose une belle proportion de fragrances présentant une structure ou une facette chyprée assez authentique, un accord complexe à la préciosité incontestée. Rose Cut réunit presque tous les paramètres pour que je l'aime et j'avoue que sa découverte a éveillé en moi beaucoup d'émotions. En effet, son démarrage mordant, piqué de baies roses et d'aldéhydes contraste avec l'aspect chypré liquoreux que confère son fond de patchouli balsamique. Je trouve par ailleurs qu'il prend une dimension encore plus séduisante sur peau. C'est l'un de mes parfums préférés de la collection, il a le don de me ramener à mes années d'enfance où je découvrais la parfumerie à l'aide de mon sac d'échantillons de "parfums pour dame" (fioles gentiment léguées par les femmes de ma famille). Son coeur de rose me ramène parfois un peu à Paris d'YSL, l'un de mes premiers véritables parfums (porté dès l'âge de dix ans environ), sans le copier pour autant (et sans la violette très marquée qui le caractérise).

Mon seul regret : l'évanescence de Rose Cut sur ma peau, mais je ne lui en tiendrai pas rigueur, cela fait aussi son charme, telle une rose fraîchement coupée.

Cuir de nacre :

C'est mon préféré de la collection, et peut-être le plus discret de tous ; je trouve sa structure et son rendu très intéressant, mais aussi joliment facetté (moiré comme la nacre). Ceux qui me lisent régulièrement (sur le blog ou sur les réseaux sociaux), savent que j'apprécie particulièrement le cuir et l'iris, mais aussi les aldéhydes et les notes poudrées. Cuir de nacre est censé représenter le saphir pourpre et il est vrai qu'il m'évoque plutôt des tonalités froides comme le mauve ou une sorte de bleu gris, des teintes qui traduisent une certaine introspection mystérieuse. Introverti mais signé, subtil mais pas froid ni fade, il vibre sur peau d'une chaleur plus notable. Après un départ assez vert, Cuir de nacre révèle les diverses facettes de l'iris avec délice (un peu à la manière d'un Dior homme version originale), dont la tonalité carotte qui me fera toujours sourire et l'aspérité cuirée qui m'attire tel un aimant. Vouant également un "culte" aux graines d'ambrette qui se marient si bien avec l'iris, j'ai été particulièrement séduite par ce duo poudré un rien animalisé qui répond si bien à l'appel du pied du styrax. Cuir de nacre présente également quelques similitudes avec Volutes de Diptyque, cependant il est plus sobre et notablement moins miellé. Au fur et à mesure du temps, il s'évanouit, ne fait qu'un avec la peau pour ne laisser qu'un voile d'iris blanc velouté de musc, un cuir irisé souple qui n'est pas sans m'évoquer Iris & White Musk de Jo Malone, voire sous certains aspects Daim blond de Lutens.

Sauf erreur de ma part, à ce jour Ann Gérard ne propose que quatre références mais elles sont toutes aussi charmantes les unes que les autres. C'est beau de voir privilégier la qualité à la quantité de nos jours.

Je tiens aussi à saluer le sens du détail que l'on retrouve aussi dans les emballages : un capot lourd et précieux, un étui qui s'ouvre tel un écrin (même si la mousse qui enserre le flacon n'est pas d'une élégance particulière), mais aussi un joli petit dépliant que j'avais récupéré chez Jovoy.

J'espère que cet article vous aura permis de découvrir cette jolie marque, à moins que vous ne la connaissiez déjà. Si elle ne vous est pas inconnue, n'hésitez pas à partager avec nous vos impressions sur les parfums que vous avez pu tester.

Et promis, j'ai beaucoup d'autres sujets olfactifs à évoquer avec vous par la suite, je ne vous laisse pas tomber, même si j'avoue ne pas avoir suffisamment de temps libre pour publier de manière régulière !

A très vite ...

 

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 17:06
(Photo : Charlie Winston Official)

(Photo : Charlie Winston Official)

Si Charlie Winston m'était conté ... en parfums !Si Charlie Winston m'était conté ... en parfums !Si Charlie Winston m'était conté ... en parfums !
Si Charlie Winston m'était conté ... en parfums !Si Charlie Winston m'était conté ... en parfums !Si Charlie Winston m'était conté ... en parfums !

Vous trouverez ci dessous un article d'un nouveau genre sur mon blog, alliant deux de mes passions majeures : le parfum et la musique, toutes deux nécessaires à ma vie. J'espère que cela vous plaira car je l'ai écrit avec mon cœur (comme d’habitude).

Il y a quelques jours, j'ai eu la chance d'assister au fabuleux concert de Charlie Winston, suite au lancement récent de son dernier album Curio City. J'avais toujours apprécié l’œuvre de l'artiste : comme beaucoup d'admirateurs, j'avais craqué pour Like a hobo en 2009, réjouie par l'arrivée de ce petit british doté d'une réelle personnalité, qui osait prendre le risque de "segmenter", de ne pas plaire sans provoquer pour autant. Son côté bohème, son regard profond et sa voix formidable avaient su me toucher ; certaines de ses chansons moins connues comme "Calling me" m'avaient même tiré des larmes.

Pourtant, je n'avais pas encore osé sauter le pas de le voir sur scène, sans raison particulière. C'est finalement la diffusion en direct sur le web d'un concert privé donné pour une radio nationale française en février dernier qui m'a incitée à tenter l'aventure, car j'ai ainsi pu le découvrir autrement, plus "intimement" et son talent crevait l'écran.

Quelques semaines plus tard, le concert auquel j'ai assisté a été renversant en tout point : une setlist bien étudiée, une voix sensuelle, souvent forte, parfois fragile, une énergie et un sourire communicatifs et surtout, un artiste multi-facettes très attachant par son charisme troublant et sa générosité incontestable. Gentil, drôle et sensible, il s'avère être en prime un beau danseur. Je suis donc sortie de ce concert transformée : de simple amatrice, il avait réussi à me faire devenir "fan" (dans le sens positif du terme, évidemment) et comme très souvent, quand j'aime, je ne compte pas. Ainsi, n'arrivant pas à sortir Charlie de ma tête, j'ai passé les heures de la nuit qui suivirent la représentation dans mon lit, à chercher frénétiquement des informations sur ce mystère.

Tout ce que j'ai pu lire sur lui m'a confortée dans l'idée que c'était quelqu'un de bon et de simple, dans lequel je me reconnaissais parfois, ne serait-ce qu'au niveau des valeurs.

J'ai aussi lu que ses albums et particulièrement le dernier, avaient été pensés de manière à créer un univers à part entière, comme le font les films de qualité, une sorte de bulle hors du temps, qui stimule tous les sens. Il a notamment parlé du film Drive que j'avais beaucoup aimé et qui comptait parmi ses inspirations pour Curio City. Je pense que le pari est réussi pour cet album et encore davantage sur cette tournée. En sortant du concert, j'avais vraiment l'impression de sortir d'un cocon ouaté, de revenir d'un merveilleux voyage au pays de Charlie.

C'est cette sensation magique qui m'a inspirée à mon tour pour écrire cet article autour de la thématique suivante : si je devais exprimer Charlie Winston en parfums, quelle serait ma sélection ? Pour répondre à cette question, j'ai essayé d'isoler trois séries d'adjectifs qui, à mon sens, le décrivent le mieux et je leur ai associé quelques jus qui évoquent pour moi ces qualificatifs. Cet exercice m'a particulièrement amusée, j'espère que cela sera le cas pour vous aussi.
 

  • Dandy chic :
    Charlie incarne pour moi le dandy gentleman à l'anglaise, élégant, un rien décalé, doté d'un charme néovintage tel que le suggère son look vestimentaire fétiche : chapeau trilby et costumes ajustés à motifs ou à effets texturés. En merveilleux crooner, son côté dandy se retranscrit aussi par sa voix au grain reconnaissable, à la fois veloutée et éraillée, d'une présence et d'une sensibilité envoûtantes.
    Deux matières ou effets matières caractérisent pour moi le mieux ce trait : l'iris et le cuir. En termes de fragrances, je verrais bien Charlie renforcer cette facette de sa personnalité par des jus typés et racés, que l'on peut aisément reconnaître : l'iris cuiré et chocolaté de Dior Homme, l'iris poudré et musqué élégant d'Infusion d'homme de Prada, l'iris pointu et rare d'Iris Silver Mist de Lutens, l'iris-violette vert de Grey Flannel (Geoffrey Beene) ou dans le même esprit, de Fahrenheit de Dior, le délicat accord irisé poudré, très texturé, de l'Eau de Narcisse Bleu d'Hermès ou enfin toute la série des iris boisés comme Bois d'argent de Dior, Bois d'iris de The Different Company ou de Van Cleef & Arpels. Ces notes sont globalement assez fraîches et discrètes, facettées et raffinées comme notre homme (ndlr : Charlie bien entendu).
    A l'instar de son album Curio City qui comprend une chanson intitulée A Light, disponible en version Night et en version Day, je trouve que des facettes irisées ou cuirées plus sensuelles lui siéraient aussi à merveille. Ainsi, les notes iris veloutées et plus charnelles de Dior Homme Intense, de Volutes de Diptyque, de l'Eau de Nuit d'Armani ou de Daim blond de Lutens, les fragrances à tendance spiritueuse telles Straight to Heaven by Kilian, Five o'clock au gingembre de Lutens également, Bulgari Blu pour Homme, Midnight in Paris de Van Cleef & Arpels, Egoïste de Chanel, Habit Rouge de Guerlain ou Havana Vanille (Vanille Absolument) de l'Artisan Parfumeur, ou encore les notes boisées ou orientales aux accents cuirés - tabac comme Bel Ami et Rocabar d'Hermès (et pourquoi pas Equipage), Colonia Leather d'Acqua di Parma, Feuilles de tabac de Miller Harris, Body Kouros d'YSL, Encre Noire de Lalique ou Cerruti 1881 Bella Notte pour Homme.
    Enfin, son charme envoûtant me fait penser à des fougères très coumarinées comme Pour un Homme de Caron, Jicky de Guerlain, Le Mâle de Gaultier, Sartorial de Penhaligon's, l'Eau noire de Dior ou Avant Garde de Lanvin.
    On peut aussi imaginer les Chypre masculins et les boisés floraux originaux et élégants : Voleur de roses de l'Artisan parfumeur, Déclaration d'un soir de Cartier entre autres.

     
  • Bucolique et souriant :
    Je suis sortie du concert de Charlie totalement rassérénée, joyeuse, comme après une balade à la campagne ou un après midi au parc. J'ai été très sensible à son sourire : franc, radieux et communicatif. Il échange beaucoup avec son public, aime glisser des clins d’œil, des petits traits d'humour et j'ai trouvé cela absolument irrésistible. Qui plus est, le jeune homme a un sourire très séduisant et des yeux qui pétillent, ce qui ne peut laisser indifférent.
    Charlie a vécu et vit à ce jour à Londres, mais il est originaire de la campagne anglaise et cela se ressent : il rayonne d'un charme simple, très "terrien", mêlé d'une certaine sophistication citadine, mais toujours dans un registre authentique et honnête, sans prétention.
    Pour illustrer cet aspect de sa personne, je pense d'emblée à des fragrances qui évoquent la joie de vivre, comme par exemple des Cologne ou des eaux fraîches : la Cologne de Mugler, Dior Homme Cologne (très musquée), les Eaux parfumées au thé (vert ou blanc) de Bulgari, l'Eau de Campagne de Sisley, Terre d'Hermès Eau très fraîche, le Vétiver de Guerlain et pourquoi pas Kenzo pour homme, Bulgari Aqua, Chrome d'Azzaro ou Acqua di Gio d'Armani (même s'ils jouent plus sur le registre aquatique, il ont l'avantage d'avoir cette évidence, cette fraîcheur océanique gaie et revigorante). J'imagine aussi très bien Charlie avec Allure Edition Blanche de Chanel, Déclaration l'Eau de Cartier, Fleur de citronnier de Lutens, Ninfeo Mio de Goutal, Philosykos de Diptyque, le Petit Grain de Miller Harris, Thé pour un été de l'Artisan, l'Eau d'orange Verte d'Hermès, aussi rieuses que lui, ou encore avec l'Eau Sauvage de Dior, tonique et élégante à la fois.
    Toujours sur une idée de campagne anglaise bucolique, je songe à Un jardin après la mousson d'Hermès (toujours), au très joli accord iris vert de l'Eau d'Ikar de Sisley, à l'Ombre dans l'eau de Diptyque ou à La Pluie de Miller Harris.

     
  • Sensible, discret et confidentiel :
    Pour moi, Charlie est quelqu'un qui déborde d'énergie et qui aime le contact avec les autres, mais qui possède aussi une facette très mystérieuse : créatif, réfléchi, bon auteur, il paraît réservé et humble voire légèrement introverti (sans vouloir dénigrer cet aspect touchant de son être, bien au contraire). J'adore ce côté très humain de sa personnalité. Même s'il est connu pour sa disponibilité pour ses fans et pour sa sympathie envers les journalistes et autres professionnels des médias, il apprécie aussi de retourner dans un certain anonymat, il se fait discret dans sa vie privée, loin des paillettes du showbiz et il aime préserver son jardin secret. Il est très rare qu'on l'aperçoive d'ailleurs dans la presse people et c'est tout à son honneur.
    Par ailleurs, même s'il jouit d'une certaine célébrité et passe sur des radios nationales, on ne peut pas le qualifier de "star" car il se fait encore rare, sélectionne ses partenaires de jeu, joue volontiers dans des "petites" salles de Province et propose une musique différente du tout-venant dont la radio nous abreuve souvent, une musique avec un véritable propos donc en un sens, confidentielle (comme cela peut être le cas en parfumerie). Aimer Charlie Winston, cela se mérite quelque part et il nous le rend bien.
    Pour illustrer cela, j'aurais tendance à aller d'emblée vers des jus plutôt estampillés "niche" qui, comme Charlie, sont réputés auprès des passionnés de parfum mais pas forcément très exposés. Ces fragrances sont aussi, pour la plupart, très fines, souvent des parfums de peau ou alors avec un sillage tout en retenue mais avec une typicité forte. Ainsi, hormis certains parfums déjà cités dans la partie Dandy (comme Iris Silver Mist notamment), je pense en particulier à Vétiver Tonka, à Brin de réglisse voire au à Cuir d'ange de la Collection Hermessence d'Hermès, Juniper Sling de Penhaligon's, Aventus ou le Santal de Creed, Vitriol d’œillet, Filles en aiguilles et Ambre sultan de Lutens, Fou d'absinthe et Bois farine de l'Artisan Parfumeur, Géranium pour monsieur de Frédéric Malle, Alahine de Teo Cabanel, Lumière blanche d'Olfactive Studio, Duel de Goutal, Incensi ou Musk de Villoresi, Original Musk de Kielh’s ou encore le plus abordable White Musk de The Body Shop.
    La liste n'est évidemment pas exhaustive mais elle retranscrit cette force tranquille. A cette sélection s’ajouteraient aussi certains parfums mainstream peu connus que j'ai déjà cités parmi les fragrances de Dandy (Infusion d'homme, Blu pour homme, Body Kouros, Égoïste, Encre Noire, Grey Flannel ...).


    Voilà, on arrive au terme de cet exercice ludique autour de Charlie Winston et de son aura parfumée interprêtée par mes soins (et j'en assume la totale responsabilité en cas de désaccords éventuels :-)).
    Vous l'aurez compris, je suis littéralement tombée sous son charme, tant au niveau de son talent de musicien, d'auteur et d'interprête, mais aussi grâce à sa personnalité attachante en tout point : un bel homme, une âme merveilleuse, un artiste inclassable et incomparable
    ... J'espère en tout cas que, amateur ou non de Charlie Winston, cet article aura su titiller votre curiosité (et l'envie de découvrir Curio City). Et qui sait, si Charlie venait à me lire (c'est beau de rêver), je serai ravie de recueillir ses impressions, de savoir s'il se reconnaît dans mon analyse, si j'ai réussi à voir clair en lui et à deviner quelques uns de ses jus fétiches.

    J'ai d'ailleurs un autre message pour lui au cas où : Charlie, ne change pas, tu as ta propre personnalité, c'est pour cela aussi qu'on t'aime !     
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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 19:30
Kouros d'Yves Saint Laurent : charnel et viril (pour qui sait l'apprivoiser)

Je vous avais déjà conté avec émotion mon histoire d'amour infinie avec Body Kouros.

Malheureusement depuis, YSL a jugé bon de lui faire subir un lifting forcé qui, sans le rendre forcément déplaisant, lui a "juste" ôté son caractère, ces facettes tonka peut-être segmentantes mais qui représentaient un réel parti pris créatif et conféraient à ceux ou celles qui le portaient, une personnalité olfactive bien définie et inoubliable.

Je suis la première à le regretter amèrement, je l'ai bien entendu dit en parfumeries, sur les sites communautaires et j'ai même écrit à de multiples reprises à la marque pour leur faire part de mon mécontentement mais je n'ai eu aucune réponse (bravo le service clients chez L'Oréal, mais cela ne m'étonne que peu).

Donc comme pour oublier mon chagrin, aujourd'hui je vais évoquer le pouvoir d'attraction et parfois de répulsion de Kouros, grand frère émérite de Body Kouros (jusque là rien de bien compliqué), qui survit pour le moment sur ce marché fort complexe (je l'espère pour longtemps) malgré des modifications de formule.

 

Ma première vraie rencontre avec Kouros se déroula à cette même époque, période dorée durant laquelle je gagnais en confiance en moi et donc en pouvoir de séduction ; en parallèle je développais ma connaissance de la parfumerie, domaine qui m'avait toujours fait rêver.

Je connaissais Kouros de nom et surtout grâce à sa publicité ornée d'un bel homme musclé qui sortait de l'eau (découpée dans des magazines alors que j'étais adolescente), mais je ne l'avais jamais senti (ou alors sans savoir que c'était lui).

Ainsi, au début de ma relation avec mon ex compagnon, nous parlions de ses parfums préférés car son anniversaire approchait et je cherchais désespérément des idées de cadeaux.

Alors il m'avait expliqué qu'il en était venu à Body Kouros car sa mère, sportive émérite, adorait porter Kouros d'Yves Saint Laurent (flacon blanc, lancé en 1981). Pratiquement toute la famille semblait a priori avoir porté ce jus un jour ou l'autre (dont Lui et son frère), puis il avait fini par découvrir et adopter cette déclinaison de Kouros, Body Kouros, dont le jus conservait le squelette de l'original en l'habillant de baumes onctueux et sensuels.

Suite à ces révélations, j'étais allée aux Galeries Lafayette, la boutique la plus pratique pour moi à l'époque et j'avais l'intention de sentir Body Kouros et d'estimer le budget de ce cadeau si je m'orientais vers cela. Toujours sous le charme de ce jus addictif, j'avais aussi retesté le Mâle, son autre parfum fétiche. Puis je revins à BK et mon regard se posa sur Kouros, le flacon blanc donc.

Je fus alors prise d'une envie irrépressible de le découvrir, ce que je fis dans la seconde qui suivit. A peine vaporisé sur touche, alors que je n'avais aucune espèce d'idée de l'histoire reliée à ce parfum, j'ai eu un mouvement d'attraction-répulsion immédiat. En effet, la tête est très fraîche, digne des fougères classiques lancées fin des années 70 - début des 80's (comme Azzaro pour Homme par exemple) : de la bergamote, des notes de lavande, de géranium et de romarin dignes des savons à barbe à l'ancienne, quelques inflexions aromatiques mutines qui me rappellent le laurier et la sauge à l'odeur si caractéristique (pour certains, cela évoque l'urine ou la sueur), des épices toniques comme la coriandre ou le clou de girofle. Puis le cœur devient furieusement ambivalent, à la fois raffiné (notes jasminées indolées et rosées-oeillet) et se transforme pour donner un fond ... sexuel ! En effet, il s'habille (pour mieux dénuder et se dévoiler) d'épices plus chaudes comme la cannelle, de vétiver sensuel, de patchouli et surtout de mousse de chêne et de cuir pour un rendu chypré des plus subversifs. C'est véritablement cela, le plus déroutant voire dérangeant dans ce jus, quand on est habitué à considérer le parfum comme un sent-bon : des notes musquées animales qui vibrent et titillent le nez pendant des heures, avec une diffusion puissante, ainsi qu'une facette qui n'est pas sans me rappeler l'ambre gris. Des notes politiquement incorrectes en somme !

On a véritablement l'image d'un homme séducteur, qui prend soin de lui notamment pour attirer les femmes dans son lit. Pendant les semaines qui ont suivi, je suis revenue à Body Kouros très fréquemment (je vaporisais une touche que je gardais dans mon agenda pour les jours gris) et j'ai appris à apprivoiser Kouros, cette belle bête qui me perturbait car elle me rappelait ma relation avec un autre ex petit-ami aussi subversif que ce jus !

J'ai fini par l'apprécier franchement ce parfum, puis je me suis séparée de celui qui me l'a fait découvrir, mais Kouros est revenu dans ma vie quelques années plus tard, lors de mon expérience professionnelle parisienne dans le monde de la parfumerie. Nous avions en ce temps, une honorable collection de parfums plus ou moins vintage, dont de multiples masculins. Alors que je les sentais tous pour me les approprier et me familiariser davantage avec les parfums dits "pour homme", je suis tombée sur Kouros et ses flankers Cologne Sport et Eau d'été. Je les ai tous décortiqués et Kouros est revenu à moi telle une madeleine olfactive, mais aussi un philtre capable de me faire rougir.

Dans les versions fraîches, si je me souviens bien, les notes hespéridées étaient en surnombre et la sauge ressemblait à l'herbe froissée que je cueillais dans mon jardin d'enfance. Mais c'était la version originelle qui m'attirait le plus, sans que je l'admette réellement à cette époque.

Ainsi, le temps passa et je profitais souvent de mes visites en parfumeries pour re-sentir Kouros. Je ne me suis pourtant décidée à l'acquérir que très récemment, c'est certainement dû à la sagesse de la trentaine pointant le bout de son nez. Il m'est assez difficile de le porter la journée pour aller travailler, je n'arrive pas encore à l'assumer à ce point, mais j'avoue le porter souvent à la maison, par exemple le soir avant d'aller dormir, car il m'apaise (autant qu'il m'intrigue).

 

J'ai aussi appris, après avoir fait la paix avec mon passé, que mon ex beau-frère portait toujours Kouros et cela m'a fait sourire ; ainsi, je suis aujourd'hui sereine avec ce parfum à tout niveau.

Finalement, maintenant que j'ai réussi à percer le secret de ce jus, je trouve qu'il le porte très bien, il lui colle à la peau pour ainsi dire.

En effet, je me rends compte à présent qu'il a toujours eu cette fraîcheur et cette facette masculine authentique et rassurante (qui correspond à l'aspect savonneux du parfum) mais il exhale aussi un caractère affirmé, un mystère et un charme viril, très latins, qui lui permettent de séduire sans trop d'efforts toutes sortes de femmes (aspect animal pour ne pas dire fauve de la fragrance). Bon vivant, il aime plaire et profiter des plaisirs de l'existence.

Il est un kouros à sa manière et si je l'ai fui pendant un temps, à présent je suis ravie que nous ayons réinventé ensemble un lien neuf. Ce parfum est donc un point d'affinité, une sorte de passerelle qui nous unit.

 

En conclusion, après des débuts difficiles, Kouros est à présent l'un de mes parfums préférés. Reconnaissable entre mille, il est pour moi tel le croisement d'autres madeleines olfactives comme Azzaro pour Homme, Musc Koublaï Khän de Lutens et Ambre Gris de Balmain.

Je rêve d'un retour à une parfumerie aussi audacieuse, qui révèlerait sans facilité nos secrets intimes, nos nuances (de gris ou de Grey) et nos contradictions.

S'il est un parfum qu'il faut offrir cette année pour célébrer l'amour et le désir, c'est pour moi celui ci. C'est bien dommage que mon amour ne se voit pas le porter, mais rien n'est plus personnel que le parfum ...

 

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 21:04
Acqua di Parma Colonia Leather, un cuir bien séduisant !

J'ai apprivoisé depuis maintenant une dizaine d'années la famille olfactive des "cuir" qui pose tant de problèmes au commun des mortels (je ne parle pas évidemment des perfumistas que nous sommes).

Pourtant, comme les parfums oud considérés comme très segmentants il y a quelques années, les parfums cuirés semblent petit à petit se multiplier. De même les éditions spéciales cuir ou plus simplement les accords cuirs au sein des orientaux, chyprés ou boisés sont maintenant monnaie courante.

J'ai déjà longuement évoqué des jus qui m'avaient marquée comme Body Kouros (formulation initiale) ou encore Midnight in Paris et c'est assez fréquent que les facettes cuirées m'interpellent et m'attirent irrésistiblement par leur caractère, leur chaleur et leur charge sensuelle mais élégante.

Il me faut aussi avouer que j'aime la marque Acqua di Parma car elle cristallise pour moi la classe à l'italienne. J'aime ses créations qualitatives (leurs belles bougies, la collection de parfums Nobile, notamment l'Iris et le Gelsomino, mais aussi la Colonia et les jus plus abordables de Blu mediterraneo) et j'adore l'atmosphère que dégage cette marque.

C'est ainsi que lors de ma dernière visite sur Paris cet été, j'en ai profité pour aller visiter leur magnifique boutique du Marais. Le lieu retranscrit très bien l'âme de la marque à mon sens. La sympathique vendeuse m'a fait redécouvrir certains jus et présenté leur nouveauté Leather (dans la gamme Colonia apparemment), inspirée de l'odeur des tanneries toscanes. Coup de cœur en perspective, il me faut l'avouer !

Puis, revenue dans ma Province, j'ai été happée par le quotidien et n'ai malheureusement pas pris le temps de tester l'échantillon que la dame m'avait très aimablement laissé (pourtant je le gardais dans un coin de ma mémoire et de mon sac d'échantillons à porter). C'était jusqu'à ce jour !

Aujourd'hui le temps était très estival pour la saison, nous sommes donc allés faire un tour en ville en amoureux. Après quelques petites folies futiles, nous avions décidé d'arrêter un peu les frais et nous nous préparions à retourner à notre "carrosse" quand j'aperçus une bijouterie qui arborait "Parfums" sur sa devanture. Réflexe de perfumista, j'ai jeté un œil furtif et quand j'aperçus les parfums Maître Parfumeur et Gantier et l'Artisan Parfumeur, mon instinct me dit de m'arrêter.

Nous sommes donc entrés dans cette boutique qui ne payait pas vraiment de mine de l'extérieur mais proposait une sélection de parfums confidentiels tout à fait honorable. L'accueil a été très bon, le propriétaire maitrisait plutôt bien son sujet (ça change des Sephocirionnaud). Il prit le temps de nous faire découvrir les nouveautés Diptyque (j'ai d'ailleurs beaucoup aimé la Lavande et plus encore le Geranium), nous laissa sentir les parfums tranquillement sans nous forcer la main et c'est en discutant des bougies Acqua di Parma que Leather est revenu à mon bon souvenir. J'ai proposé à mon compagnon de le découvrir (il a aussi un faible pour ce genre de notes) et j'en ai profité pour le sentir à nouveau.

Deuxième coup de coeur pour ce parfum très réussi !

Il s'ouvre sur les notes aromatiques et hespéridées classiques de la Colonia (petigrain, citron, orange) mais propose une note étonnante de framboise qui peut désarçonner au début (et rappeler un peu l'esprit de Tuscan Leather de Tom Ford), mais finalement intrigue par son éclat et son audace dans un tel parfum.

Rapidement, un cœur floral raffiné et légèrement miellé amène sa facette sensible pour ne pas dire rêveuse (il m’entraine personnellement dans une atmosphère pleine de poésie pour ne pas dire "baudelairienne").

Cet accord m'a également remémoré l'origine de la parfumerie grassoise : les gants en cuir destinés aux élégantes, parfumés avec les plus précieuses essences de la région dont la rose de Grasse (et la tubéreuse). Ce clin d’œil (voulu ou non) m'a beaucoup plu !

Enfin, le vif du sujet, le cuir, apparaît soudain avec finesse, bien reconnaissable avec ses facettes de bois cédrés (qui piquent un peu mais pas trop fort heureusement car bien dosés), son aspérité bouleau goudronneuse et légèrement fumée arrondie par les notes cireuses et balsamiques du labdanum et de l'oliban.

Totalement sous le charme, je n'avais de cesse de sentir la touche olfactive, si bien que le vendeur me proposa, à défaut d'un échantillon, de me nimber d'un nuage de Leather.

Quel délice ! Tout au long de notre chemin, ses effluves mystérieux m'ont valu des regards intrigués ou charmés qui m'ont ravie ; il est en effet appréciable d'éduquer un peu les badauds à autre chose que les horreurs actuelles que sont La vie est moche et Invictus / Infectus !

Très à l'aise avec ce jus qui m'évoque toute la sensualité et le raffinement de l'Italie, j'avais l'impression de porter une seconde peau, comme ces belles vestes en agneau souples et douces qui valorisent les courbes du corps et donnent un côté plus rock à une allure sage et chic. Ou encore comme un escarpin à talon fin et au parfait décolleté qui valorise la finesse du pied des femmes (j'avoue que je suis une adepte de ce type de chaussures :-)).

Sur mon homme, la facette cuir est comme d'habitude exacerbée et colle parfaitement à sa personnalité affirmée, virile et à fleur de peau.

Bref vous l'aurez compris, il rejoint ma liste d'envies parfumées de l'année ...

Cette anecdote autour de la découverte de Colonia Leather me fait penser d'ailleurs qu'en parfum comme en amour, nous sommes parfois portés par des impulsions irrationnelles qui transforment un moment banal en un instant précieux, plein de surprises.

Nous découvrons des personnes (ou des parfums) rares qui font résonner des valeurs importantes à nos yeux ou des traits de caractères auxquels nous sommes sensibles. Alors on est d'abord intrigués, puis on passe à autre chose, jusqu'à ce que la vie remette cet objet de désir sur notre route, par hasard ou par destinée. Les moments de découverte mutuelle qui s'ensuivent nous permettent souvent de confirmer que nous avons envie d'aller plus loin avec lui car il nous touche au cœur. C'est souvent le début d'une histoire d'amour qui durera un temps certain ou incertain mais nous apportera beaucoup de bonheur, d'espoir(s) et d'assurance.

Et c'est pour moi ce qui fait toute la magie de la vie, même quand on se s'y attend plus ...

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 16:30
Shalimar Parfum Initial, un joli jus bientôt supprimé

Je n'ai jamais écrit d'article sur ce parfum lancé en 2011, pour la simple raison que je lui préférais justement le vrai, "l'initial".

Mais bien que son nom soit trompeur et que le jus soit un peu en deçà de son illustre aîné, je l'ai toujours trouvé de belle facture, élégant et digne de la Maison Guerlain. Je considère d'ailleurs que c'est un iris oriental et gourmand très réussi (pas comme la Vie est Beurk) qui a quelques similitudes avec Iris Ganache son grand frère déjà disparu que j'appréciais. Aujourd'hui sur la blogsphère, l'information de son arrêt circule, c'est pourquoi je lui rends aujourd'hui un modeste hommage avant qu'il ne soit vraiment trop tard.

Je l'avais découvert à son lancement dans la petite parfumerie proche de mon domicile et je n'avais pas pu m'empêcher de fermer les yeux à la première olfaction, comme pour me recentrer sur les émotions qu'il faisait jaillir comme autant de souvenirs enfouis.

Son démarrage très chaleureux et vif de bergamote et son fond tonka vanillé se rapprochent délicieusement de son aîné, mais la principale différence vient de son coeur floral très crémeux où l'on reconnaît l'iris et un accord jasmin-rose assez doux, crémeux qui a pour moi, à tort ou à raison, un petit air de Nivea (le lilas en moins). Et quand je pense Nivea, ce sont les femmes de ma famille que cela m'évoque : ma grande tante dont on vantait la beauté, ma mère si coquette qui me tartinait le visage ou le corps de ce produit culte.

Shalimar Parfum Initial n'est pas non plus sans me rappeler Love, Chloé, que j'apprécie énormément et qui surfe aussi sur cet univers très cosmétique, très boudoir mêlant modernité et héritage (mais Shalimar PI est quand même plus ambré que le Chloé).

Pour l'incarner, j'aurais bien vu Penelope Cruz, cette belle femme élégante de notre époque qui dégage pourtant un charme un rien suranné (pour moi le lien est plus évident qu'avec Trésor dont elle est l'égérie).

En ce sens, si le brief initial était d'apporter un aspect plus "jeune", plus contemporain à Shalimar, le but me semble atteint avec brio.

Bien entendu, le propos initial de Shalimar (l'original) est un peu dilué car l'aspect animal cuiré est ici très ténu voire absent, mais ce parfum mainstream est de très belle facture et ne mérite absolument pas  sa suppression. Il était une preuve qu'en mainstream on pouvait encore trouver de jolis jus.

Le flanker L'Eau lancé l'an dernier était très bien ficelé aussi, et je n'aurais pas imaginé qu'il allaient supprimer la ligne aussi rapidement au profit du Souffle de Parfum lancé récemment. J'ai d'ailleurs découvert ce dernier au mois d'Août et je l'ai trouvé joli mais d'un niveau inférieur, plus passe partout, moins signé et surtout, encore plus éloigné de la construction olfactive emblématique de Shalimar.

En bref, je vais regretter Shalimar Parfum Initial, j'ai d'ailleurs acheté un flacon la semaine dernière pour en profiter encore quelque temps. 

Si vous l'aimez, je vous encourage à faire de même ; si vous ne l'avez jamais découvert, courez vite le sentir ! Avant qu'il ne soit trop tard ...

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 18:21

hermes-eau-tres-fraiche.jpg

J'aime Hermès, c'est une belle maison de manière générale et  plus particulièrement en parfumerie.  

Jean Claude Ellena en est le parfumeur maison depuis 2004 si mes souvenirs sont exacts, et c'est à ce moment là que je l'ai véritablement connu et adulé.

J'aime sa manière de transmettre sa passion pour la belle parfumerie et les bons ingrédients, mais aussi sa simplicité, qui se ressent dans ses créations olfactives.

Je me suis finalement rendu compte que je portais ou aimais de nombreuses de ses oeuvres, comme par exemple Un Jardin en Méditerranée, First, Eau de Campagne, Déclaration, Bois Farine ... et j'en oublie.

Tout cela pour dire que depuis qu'il est chez Hermès, j'ai rarement été déçue, même si Jour m'avait au premier coup de nez, semblé trop épuré.

Mais il faut se méfier des choses qui paraissent simples, car ce sont parfois voire souvent les meilleures, comme un bon pain pétri avec amour par un boulanger ou une merveilleuse tarte aux fruits maison. Car c'est souvent une question de coeur à l'ouvrage et d'émotions, un peu comme le sourire qui est communicatif quand il est sincère.

Eh bien quand j'ai senti Terre Eau Très Fraîche, je n'ai regretté que son nom à rallonge et un peu trop emphatique qui s'oppose radicalement avec le jus (mais peut être est ce fait sciemment).

En effet, j'ai vraiment eu la sensation de sentir ces parfums qui sont simples et bons pour le moral, ces doudous olfactifs qui nous rassurent et nous mettent de bonne humeur car on ressent l'âme nue du parfumeur, un peu comme la Cologne de Mugler.

Pour moi qui apprécie Terre sans pourtant le porter (c'est l'un des rares), l'Eau Très Fraîche en est une version plus gaie, plus lumineuse et plus pétillante que je me vois totalement m'approprier, compensée par une tenue très féminine voire sophistiquée.

J'aime sa tête pleine de vie et transparente, très hespéridée (orange, bergamote notamment), avec un dynamisme renforcé par les aldéhydes, les épices et des notes vertes et croquantes tout en esquisse, en subtilité.

Puis arrive l'aspect minéral propre à Terre, mais cet aspect est beaucoup moins rude et sec que dans la version initiale, il exprime ici une terre accueillante, comme si elle avait été tout juste arrosée par la pluie, propice à laisser s'épanouir des essences botaniques diverses et variées.

Un soupçon d'embruns donne de l'envol à la note sans tomber dans la caricature fonctionnelle, au contraire de ses voisins de rayonnage chez Sephocirionnaud (suivez mon regard vers l'infection signée PR notamment).

Et rapidement, me voilà happée par le magnétisme des bois de cette Terre très fraîche : le cèdre majestueux, beauté à la fois froide et rassurante, mais aussi et surtout le vétiver que j'apprécie de plus en plus. Ce dernier trouve ici une sorte de résonance bucolique et ombragée par le biais de la mousse de chêne, précieuse alliée qui me laisse rarement indifférente.

Ainsi Terre Eau très fraîche me plait car elle retranscrit la simplicité, l'évidence des choses simples, leur légèreté aussi (et j'en ai bien besoin en ce moment, de légèreté dans ma vie). Mais ce jus exprime aussi une simplicité apparente qui finalement n'est que la partie isolée de l'iceberg, celle que l'on veut bien voir, et s'avère finalement bien plus complexe quand on prend le temps de l'apprécier.

Entre nous, cela n'est pas sans me rappeler une remarque que m'avait fait un jeune homme au lycée après avoir lu un de mes poèmes : "Tu es bien plus que ce que tu laisses paraître, cette image de fille sage et discrète, tu es comme un papillon aux mille reflets".

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